Bruxelles caresse l’espoir d’un compromis avec Athènes le 16 février
Il n’y a guère de chances que la Grèce et ses partenaires européens trouvent un terrain d’entente dès cette semaine, à l’occasion de la réunion des ministres des Finances de la zone euro aujourd’hui et des chefs d’Etat de l’Union européenne demain. Mais de Bruxelles à Athènes, la journée de mardi a distillé quelques signaux positifs, qui ont permis de ramener le taux 10 ans grec sous les 10%.
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, ont eu mardi un entretien téléphonique dans un «esprit positif de coopération», a ainsi déclaré la Commission hier.
L’exécutif bruxellois se fixe pour objectif de conclure un accord provisoire sur la dette grecque le 16 février lors d’une nouvelle réunion de l’Eurogroupe. «Cela laisserait le temps des ratifications requises par les parlements nationaux avant l’expiration du programme d’aide en cours le 28 février», soulignait hier une source bruxelloise citée par Reuters. L’idée circule d’un projet de compromis prévoyant une période de transition de six mois, comme le réclame le gouvernement Tsipras, afin de laisser du temps aux négociations sur le caractère soutenable de la dette grecque. «La réunion de l’Eurogroupe du 16 février sera décisive», a appuyé hier le commissaire Pierre Moscovici. Mais Wolfgang Schaüble, le ministre des Finances allemand, a dit ne pas être au courant d’un tel plan et affirmé que ce sera «fini» si la Grèce n’accepte pas la dernière tranche de 7,2 milliards prévue dans le plan actuel.
Athènes s’y refuse toujours. Le gouvernement préférerait augmenter de 8 milliards sa capacité à se financer par des bons du Trésor jusqu’en août. Il se dit aussi prêt à accepter 70% des conditions attachées à l’actuel programme d’aide de la troïka UE-FMI-BCE. Les 30% restants – dont on ignore ce qu’ils recouvrent – seraient remplacés par une dizaine de réformes négociées avec l’OCDE. Un moyen de contourner la troïka, que la Grèce juge illégitime. Athènes veut aussi que son objectif d’excédent primaire soit maintenu à 1,5% du PIB en 2015 et 2016 au lieu de 3% et 4,5%.
Pour conforter sa position, la Grèce peut s’appuyer sur le ralentissement des retraits des dépôts aux guichets des banques. Ceux-ci atteindraient un milliard sur février, selon un banquier grec cité par Reuters, contre 11 à 12 milliards en janvier. Le gros des retraits serait donc intervenu avant la victoire du parti Syriza le 25 janvier, et non après.
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