Brookfield se pose en rival de Blackstone avec le rachat d’Oaktree
Brookfield Asset Management a frappé fort. Le gestionnaire alternatifcanadien a annoncé hier la prise de contrôle de son concurrent américain Oaktree Capital, une opération qui lui permettra de rivaliser avec Blackstone, le numéro un mondial du secteur. Le nouvel ensemble affichera quelque 475 milliards de dollars (421,3 milliards d’euros) d’actifs sous gestion, contre 472 milliards pour Blackstone.
Brookfield propose d’acquérir 62% du capital d’Oaktree, le solde demeurant aux mains des fondateurs et des salariés. Le canadien déboursera 49 dollars ou 1,0770 action Brookfield pour tout titre Oaktree apporté, ce qui représente une prime de 11,8% par rapport au cours de clôture du groupe américain mardi. L’action Oaktree a terminé hier sur un bond de 12,50%, à 49,24 dollars à la Bourse de New York, un niveau qui valorise la cible 16 fois les bénéfices attendus en 2019, contre un multiple de 15,3 pour le secteur, selon les données de Bloomberg. Le titre Brookfield de son côté a gagné 0,93% à l’issue d’une séance agitée, à 46,42 dollars.
«La vente de 62% du capital d’Oaktree à Brookfield apportera aux deux sociétés la diversification dont elles avaient besoin, ce qui les rendra plus compétitives par rapport à leurs concurrents de taille plus importante», approuvent les analystes de Bloomberg Intelligence. Spécialisé dans la dette décotée, «Oaktree a subi les conséquences d’un environnement prolongé de taux bas», insistent-ils. De fait, même en tenant compte de son rebond de mercredi, l’action Oaktree accuse une baisse de près de 13% sur les cinq dernières années, pendant que l’indice S&P500 s’adjugeait plus de 50%.
A l’opposé, le titre Brookfield a offert un rendement annuel moyen de 21% au cours des dix dernières années, soit le double de la hausse de l’indice canadien S&P/TSX Composite. Présent dans le capital-investissement, l’immobilier, les infrastructures et les énergies renouvelables, Brookfield, via cette acquisition, muscle son offre dans le crédit.
Une opération susceptible de faire des émules : «Nous pourrions assister à une hausse du nombre de fusions-acquisitions dans le secteur, les fondateurs vieillissants de sociétés de gestion alternative cherchant à sortir du capital et nombre de gestionnaires d’actifs souhaitant se développer sur le segment alternatif», écrivent les analystes de Morgan Stanley. Ce qui, selon eux, pourrait conduire les investisseurs à mieux apprécier «la valeur stratégique» du secteur.
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