Brexit à Halloween ? Disons plutôt aux calendes grecques !
Il est, comme l’écrivait Léon Blum après Munich, de « lâches soulagements ». Soyons sûrs qu’à Bruxelles, bien des leaders européens ont dû les ressentir après le compromis renvoyant le Brexit au 31 octobre. Voici qu’on parle déjà de « Brexit à Halloween ». Craignons plutôt que ce nouveau report n’en annonce d’autres qui nous renvoient à Pâques ou à la Trinité.
Autant le premier report européen, au 12 avril ou au 22 mai selon les scénarios politiques, était assorti de conditions strictes, autant la rallonge de six mois obtenue mercredi en est dépourvue. Madame May est venue à Bruxelles sans projet alternatif clair et crédible justifiant un geste de ses partenaires ; elle n’était pas forte non plus d’un consensus trans-partisan quelconque laisser présager un accord politique outre-Manche.
La réalité est que Mme May s’en est retournée à Londres pour affronter un Parlement toujours hostile, et renouer un dialogue avec les travaillistes au point mort. C’est donc sur le fondement de leur seule peur d’un « Brexit sans accord » instantané, et de ses conséquences potentiellement très dommageables pour l’Irlande, que les 27 se sont résolus à ce geste sans contrepartie.
Sans contrepartie sérieuse s’entend, puisque le point d’étape demandé et obtenu par Emmanuel Macron pour juin n’aura aucun caractère contraignant. Mercredi soir, les 27 ont perdu beaucoup plus qu’ils ne le disent. Pour la première fois, ils n’ont été unis que de façade, laissant à la partie britannique un levier de chantage au « no deal » plus puissant que jamais.
Mme May, sans doute sincère, hésitera peut-être à s’en servir pour troubler le fonctionnement des institutions de l’Union, comme elle s’y est engagée. Mais sera-ce avec ce Premier ministre démonétisé, ou avec son successeur, qui finira bien par arriver, qu’il faudra négocier ? Or celui-ci n’aura sûrement pas de ces pudeurs, surtout s’il s’agit d’un eurosceptique aussi retors que Boris Johnson.
Après Munich, Winston Churchill jugeait que pour avoir choisi le déshonneur pour éviter la guerre, les signataires de l’infâmant accord vaudraient à l’Europe l’un et l’autre. Mercredi, le choix des 27 de la reculade plutôt que d’un Brexit dur pourrait finalement les contraindre, pour sortir de l’impasse, à se résoudre au saut final d’une falaise plus haute encore qu’aujourd’hui, avec pour conséquence une profonde crise interne en prime.
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Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l’Iran. M. Xi a réaffirmé jeudi le vœu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une «relation de stabilité stratégique constructive», selon la diplomatie chinoise. Le président chinois a promis d’ouvrir «toujours plus grand» la Chine aux entreprises étrangères. Avec l’excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l’accès au marché chinois sont l’un des grands griefs des Etats-Unis, comme d’autres pays développés, à l’encontre de Pékin. M. Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. 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