BNP Paribas transfère le risque d’un gros portefeuille de prêts
Les fonds de pension PGGM et Alecta seront rémunérés pour porter le risque de défaut sur des prêts aux entreprises pesant 8 milliards d’euros.
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Laurence Pochard
BNP conserve le portefeuille de prêts sur son bilan, ne cédant que le risque de défaut aux investisseurs.
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Le produit a le goût du risque, sans son poids. PGGM, pour le compte du fonds de pension hollandais des professionnels de santé PFZW, et le fonds de pension suédois Alecta font partie des investisseurs principaux d’un produit de titrisation synthétique de prêts aux entreprises accordés par BNP Paribas. Le portefeuille de prêts pèse 8 milliards d’euros, que la banque conserve sur son bilan, ne cédant que le risque de défaut aux investisseurs. PGGM appelle ce type de produit un Credit Risk Sharing (CRS, partage du risque de crédit). Le CRS agit à la façon d’une assurance contre le défaut. Les deux investisseurs ont récemment mené une transaction similaire avec BBVA.
Le fonds néerlandais apprécie ce type de titrisation dans laquelle il investit régulièrement depuis 2006, et milite pour leur développement. Au 31 décembre 2021, il avait investi dans 25 transactions pour une valeur de marché de 5,3 milliards d’euros portant sur un notionnel de 48 milliards de portefeuilles de prêts. Ce qui signifie que contre rémunération, il prend à sa charge le risque de perte à concurrence de 9% en moyenne des portefeuilles.
PGGM et PFZW consacrent une allocation spécifique aux CRS dans leur poche long terme car ils offrent un couple rendement / risque qu’ils jugent attractif et permettent une diversification dans l’exposition au risque crédit. «A condition d’être bien structurés, les CRS contribuent à rendre le système financier plus stable : en aidant le secteur bancaire à réduire partiellement son exposition au risque de crédit et à le partager avec des investisseurs, le risque systémique est réduit et le système financier devient plus résilient», estiment les néerlandais.
Du côté d’Alecta, la transaction présente l’opportunité de bénéficier de la base de clientèle spécifique de BNP Paribas. «Nous sommes impatients de poursuivre le développement de notre portefeuille et voyons du potentiel dans l’exposition à de nombreux prêts allant du crédit aux PME au financement de projets, tout en apportant une capacité additionnelle de prêt à l’économie réelle», commente Tony Persson, qui dirige la stratégie et les produits de taux chez Alecta.
La transaction répond en outre aux critères de qualité pour rentrer dans le cadre européen STS : simple, transparent et standardisé.
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