BNP Paribas réduit la voilure dans la banque d’investissement
Personne n’échappe à la crise. Considérée comme l’une des banques européennes ayant le mieux résisté à la tempête financière, BNP Paribas rentre dans le rang. Le groupe a dû reconnaître mardi soir que sa banque de financement et d’investissement (BFI) «a enregistré des revenus négatifs en novembre», après un mois déjà dans le rouge en octobre.
Au total, sur les onze premiers mois de l’année, le pôle BFI enregistre une perte avant impôt de 710 millions d’euros. Un résultat qui intègre les 350 millions d’euros liés à l’impact de l’affaire Madoff, BNP Paribas étant exposée à cette gigantesque fraude par le biais de ses activités de financement de fonds.
La dégradation est brutale. Sur les neuf premiers mois de l’année, la BFI du groupe enregistrait encore un résultat avant impôt de 879 millions d’euros, avec, déjà, un affaissement au troisième trimestre (+38 millions). Ce qui plaçait BNP Paribas en numéro deux mondial du métier derrière Goldman Sachs. En l’espace de deux mois, le pôle aurait donc dégagé une perte avant impôt de près de 1,6 milliard, que la banque impute au «contexte de dislocation et de volatilité extrême des marchés aggravé par la faillite de Lehman Brothers». L’ensemble du groupe reste en revanche «très largement bénéficiaire» sur les onze mois de l’année.
Conséquence, BNP Paribas réduit la voilure. La banque entend abaisser ses risques de marché et ses stocks d’obligations, et va procéder à des «ajustements des plates-formes et des moyens alloués» dans les crédits structurés et les produits dérivés complexes. «On ne sort pas de ces métiers», précise-t-on au siège du groupe, alors que des acteurs français plus petits, comme Calyon et Natixis, ont annoncé pour le coup l’arrêt complet de certaines activités de marché. Rue d’Antin, on précise aussi que la réduction de voilure, déjà entamée ces derniers mois, explique une partie de la baisse des revenus constatée.
Ces mesures devraient se traduire par une baisse de 5% des effectifs de la BFI au niveau mondial. Soit environ 800 suppressions de postes sur une base de 16.000 collaborateurs. La banque ne donnait pas hier plus de précisions sur la répartition de ces réductions d’emploi. Le gros des effectifs du pôle est basé à Londres, notamment sur les activités de taux.
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