BNP Paribas admet une perte liée à la fraude géante de Bernard Madoff

La banque française évalue son exposition à 350 millions d’euros. La Suisse et l’Espagne pourraient être massivement touchées
Bruno Sillard

Une fraude géante qui risque de provoquer une lame de fond dont le secteur bancaire mondial n’avait pas besoin. Bernard Madoff a été inculpé jeudi pour avoir organisé via sa société de conseil en investissements un montage par lequel les investisseurs arrivés en premier sont rémunérés avec l’argent versé par les investisseurs les plus récents.

Première conséquence en France, BNP Paribas explique qu’elle « n’a fait aucun investissement pour compte propre dans les hedge funds gérés par Bernard Madoff Investment Services. Elle est toutefois exposée à un risque, du fait de ses activités de marchés et de prêts collatéralisés à certains fonds qui ont investi dans les hedge funds en question. Si la valeur des actifs de ces derniers était totalement anéantie, la perte de BNP Paribas pourrait s'élever à 350 millions d’euros. » Toutefois il semblerait que la banque n’ait pas encore achevé ses évaluations. Elle refuse de commenter les propos de Reuters qui affirmait qu’elle avait acheté en 2003 à Zurich Financial Services certains actifs de sa filiale de gestion alternative Zurich Capital Markets ayant une exposition importante à la gestion d’actifs de Bernard Madoff. Côté Société Générale, un porte-parole a avancé une exposition « négligeable, inférieure à 10 millions d’euros » aux fonds d’investissement de Bernard Madoff.

En Suisse, le journal Le Temps évoque pour le pays une perte globale cinq milliards de francs suisses (3,2 milliards d’euros).

Santander a annoncé qu’un de ses fonds d’investissements, Optimal, était exposé à hauteur de 2,33 milliards d’euros. Il s’agit essentiellement de fonds investis par des investisseurs institutionnels internationaux, mais certains particuliers espagnols clients de la banque sont également concernés, à hauteur de 320 millions d’euros. La Banif, filiale de banque privée de Santander, M&B Advisers Gestion (M&B Capital Advisers) et BBVA seraient concernés, indique le journal espagnol l’Expansion.

Le Financial Times évoque en parallèle une exposition possible de la banque britannique HSBC à hauteur d’un milliard de dollars, tandis qu’en Asie, Nomura Holdings a à son tour concédé une exposition de 27,5 milliards de yens (225 millions d’euros).

Bloomberg croit savoir que depuis son enregistrement auprès de la SEC il y a deux ans, le fonds incriminé par la fraude présumée de Bernard Madoff n’avait pas subi d’examen adéquat de la part du gendarme des marchés financiers américains.

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