Blackstone tire parti de la désaffection des banques pour les hedge funds
Blackstone se sent pousser des ailes. Alors que le groupe new-yorkais a publié la semaine passée des résultats trimestriels flatteurs, passant par un bond de 30% des actifs sous gestion sur un an à fin septembre à un record de 205 milliards de dollars, Reuters croit savoir qu’il s’apprête à ajouter une corde à son arc. Selon une source proche des discussions, Blackstone peaufine les détails d’un nouveau fonds visant des participations au sein de gestionnaires d’actifs alternatifs.
Le groupe entend ainsi tirer parti des opportunités de cessions d’actifs de la part d’investisseurs traditionnels. Et particulièrement de banques déçues par la performance des fonds (celle des hedge funds est voisine de 5% sur neuf mois en 2012, après une perte de 5% l’an passé) ou soumises à la pression réglementaire, dans un souci de renforcement des bilans ou de scission d’activités jugées trop risquées. Blackstone, qui concentrerait ses efforts sur le marché secondaire des titres, offrirait à ces acteurs une porte de sortie de ces actifs illiquides. La source citée par l’agence précise qu’aucun objectif de taille n’a été formellement établi pour le nouveau fonds, alors qu’il pourrait bien attirer 2 à 3 milliards de dollars. Blackstone doit entamer prochainement une tournée de promotion auprès des investisseurs, mettant notamment en avant une promesse de rendement annuel supérieur à 20%.
Le groupe s’est refusé à commenter l’information. Son président Tony James avait pourtant éveillé l’attention la semaine dernière en promettant l’annonce prochaine d’un «nouveau» produit. Le dirigeant faisait référence à une innovation par rapport à un fonds existant qui soutient le lancement (seed money) de hedge funds. Le produit évoqué par Reuters lui serait complémentaire, en intervenant à un stade plus avancé du développement des gestionnaires alternatifs.
Poursuivant sa diversification, Blackstone ferait ainsi son entrée sur un marché de niche déjà exploré par les fonds Dyal de Neuberger Berman ou Petershill de Goldman Sachs. La semaine dernière déjà, le directeur général de Blackstone, Stephen Schwarzman, rappelait ses prétentions en gestion alternative en martelant que «nous nous trouvons au cœur d’un cycle majeur pour lequel Blackstone dispose d’une expérience significative pour l’ensemble des classes d’actifs illiquides, dont le rendement est historiquement plus élevé».
Plus d'articles du même thème
-
Nicolas Namias est renouvelé à la tête de BPCE
Le conseil de surveillance a renouvelé le mandat du président du directoire de BPCE pour quatre ans à l'unanimité. -
Kerialis a confié la gestion de son portefeuille de retraite à Sienna et Axa
Le fonds de retraite professionnelle supplémentaire des salariés des cabinets d'avocats met fin à une délégation de gestion de vingt ans confiée à Axa et a sélectionné deux mandataires pour gérer en direct un portefeuille de 1,37 milliard d'euros. -
L'AFG promeut dans un livre blanc la retraite supplémentaire par capitalisation
A l'occasion du Paris Finance Forum organisé ce 9 juin par Paris Europlace, Philippe Setbon, le président de l'association professionnelle, a annoncé la sortie d'un livre blanc promouvant ce régime pour relancer le débat à un an de l'élection présidentielle. -
Rubis contient les nouvelles ambitions d’un actionnaire activiste
Le premier investisseur du spécialiste de la distribution de produits pétroliers n’est pas parvenu à ses fins lors de l’assemblée générale du groupe. -
La Banque du Canada laisse son taux inchangé à 2,25%
Alors que le PIB s’est contracté au premier trimestre, le comité de politique monétaire canadien considère que l’inflation à 2,8% n’est que temporaire, ce qui ne nécessite pas d’intervenir sur les taux. -
Alstom verdit son financement avec une nouvelle obligation hybride
L’émission de 700 millions d’euros conforte, pour l’heure, la notation prisée de l’émetteur en catégorie investisseurs.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
Contenu de nos partenaires
-
Souffler sur les braisesViolences à Belfast : pourquoi les émeutes éclatent si vite au Royaume-Uni
De violentes manifestations anti-immigrés ont éclaté mardi soir dans la capitale de l'Irlande du Nord, après une attaque au couteau attribuée à un ressortissant soudanais -
Voix basseAffaire Lyhanna : pourquoi le RN choisit la retenue
D'ordinaire prompt à s'emparer des faits divers pour imposer ses thèmes de prédilection, le RN réagit avec davantage de retenue à l'affaire Lyhanna. Et mise moins sur la surenchère que sur la dénonciation d'une faillite globale de l'Etat -
« Une célébrité surcotée » : Anthropic publie une version sécurisée de Mythos, son IA surpuissante
Anthropic dévoile une version bridée de son IA ultra puissante. Une annonce retentissante qui sert une stratégie de communication bien huilée : l’accès au public est en fait bordé par des tarifs dissuasifs et des garde-fous stricts