BlackRock s’apprête à entrer sur le marché des cryptomonnaies
La société de gestion américaine cherche son référent blockchain pour définir sa stratégie et se lancer.
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Adrien Paredes-Vanheule
2020 a été une année record pour les cryptomonnaies.
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Image WorldSpectrum/Pixabay
Le bitcoin a franchi, dimanche 27 décembre, le seuil des 28.000 dollars avant de redescendre aux alentours de 26.000 dollars. Si la flambée de la principale cryptomonnaie du marché s’est légèrement atténuée, le bitcoin continue d’«attirer l’attention et l’imagination de nombreuses personnes» selon la formule qu’avait employée Larry Fink, directeur général du gestionnaire d’actifs américain BlackRock, lors d’un forum du think-tank Council of Foreign Relations début décembre. Y compris celle du dirigeant de BlackRock alors même qu’à l’instar de Jamie Dimon chez JPMorgan, Larry Fink a régulièrement affiché son scepticisme vis-à-vis des cryptomonnaies avant de leur trouver finalement du potentiel. «Le bitcoin n’a pas encore fait ses preuves et reste assez petit par rapport aux autres classes d’actifs», disait Larry Fink début décembre tout en reconnaissant que le marché du bitcoin pouvait «possiblement évoluer en marché global». Il soulignait aussi l’impact réel d’une cryptomonnaie telle que le bitcoin sur le dollar américain, rendant ce dernier «moins pertinent» pour les détenteurs de dollars basés hors des Etats-Unis.
Cap sur la blockchain
A en croire l’offre d’emploi postée le 22 décembre sur son site internet, BlackRock compte bien jouer son rôle de plus grand gestionnaire d’actifs au monde pour transformer le bitcoin en marché global. La société de gestion américaine aux 7.800 milliards de dollars d’encours sous gestion s’est mise en quête d’un «vice-president, blockchain lead». Comprenez BlackRock cherche son Monsieur ou sa Madame Blockchain qui rejoindra le bureau new-yorkais de la firme. Plus que le titre, ce sont les missions liées à la fonction qui renseignent sur les plans éventuels de BlackRock sur le segment des cryptomonnaies.
La société de gestion requiert des candidats ayant au moins un an d’expérience dans l’articulation de technologies liées aux fondements de la blockchain. Cela inclut, pour le gestionnaire américain, les fonctions de hachage cryptographique, les mécanismes de consensus des réseaux et la cryptographie à clé publique-privée mais aussi la conception et l’articulation de méthodologies de valorisation pour les crypto-actifs. En outre, BlackRock demande des compétences dans l’évaluation de la théorie du jeu, à la base de la crypto-économie, et la décentralisation des modèles de gouvernance associés à la technologie blockchain.
Les candidats doivent aussi témoigner d’une expérience de quatre ans minimum relative entre autres à la conduite d’analyses d’opportunités d’investissements et de valorisation de modèles d’activités d’entreprises ainsi qu’à l’évaluation des impacts de structures de marché et d’industrie sur les opportunités commerciales et les dynamiques de concurrence. Ce postulat sous-entend que la personne recrutée sera chargée d’analyser la meilleure façon pour BlackRock de se lancer sur le marché des cryptos.
Allocation prudente
Le bitcoin a en tout cas gagné près de 3.000 dollars depuis la publication de l’offre d’emploi de BlackRock, qui n’a eu aucune incidence sur l’augmentation du cours. L’année 2020 a marqué une performance record des cryptomonnaies, relatent Nordine Naam et Emile Esmaili chez Natixis, pour qui «l’intérêt croissant des institutionnels pour les cryptomonnaies pourrait se traduire par leur apparition comme une nouvelle classe d’actifs». Ils recommandent cependant une allocation prudente, soulignant qu’au-delà d’1% d’allocation en capital, la contribution au risque des cryptomonnaies devenait «trop forte pour un allocataire soucieux de son budget de risque». Au-delà d’attirer l’attention et l’imagination des investisseurs, les cryptomonnaies, bitcoin en tête, devront aussi attirer les rendements.
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