BlackRock recueille les fruits de ses baisses de prix sur les ETF
Le premier fournisseur d’ETF au monde surfe sur la vague d’intérêt pour la gestion passive à bas prix, mais cette tendance cause parallèlement du tort à sa gestion active. Selon ses résultats publiés hier, la gestion passive de BlackRock, composée de ses fonds indiciels et d’iShares, sa marque grand public de fonds indiciels cotés (exchange traded funds, ETF), a enregistré une collecte nette de 82,2 milliards de dollars au premier trimestre, tandis que sa gestion active, plus chère pour les investisseurs, a subi une décollecte nette de 1,84 milliard de dollars. Au total, les encours ont progressé de 14% à 5.420 milliards de dollars, portés par une collecte nette de 64,6 milliards.
Les ETF iShares ont attiré le montant record de 64,5 milliards de dollars de flux nets entre janvier et mars, après avoir déjà atteint un plus haut au titre de 2016. Ce sont surtout les ETF « core » qui ont séduit. Cette série de fonds à bas prix, dont les tarifs ont encore baissé en octobre 2016, permet à BlackRock de rivaliser avec ses concurrents les plus agressifs, Vanguard et Charles Schwab. Les 25 ETF core ont représenté 54% de la collecte de iShares durant le trimestre. Ils « dirigent les flux entrants », explique dans une interview à Bloomberg, Larry Fink, le PDG du groupe. «Si nous n’avions pas réduit nos prix l’année dernière, nous n’aurions pas eu ces flux. Lorsque nous avons réduit les frais facturés dans le segment core nous avons observé une accélération des flux dans les autres segments également.»
«A ce stade, c’est presque comme s’ils offraient gratuitement leurs ETF, commente un analyste d’Edward Jones.Tandis que le segment core continue de croître et représente une partie plus importante de l’activité, la pression sur le chiffre d’affaires s’intensifie».
La stratégie est à double tranchant. Les faibles commissions sur les ETF ainsi que la mauvaise performance des stratégies actives ont diminué les revenus. Le chiffre d’affaires du groupe a grimpé de 8% par rapport à l’année dernière, à 2,82 milliards de dollars, mais il n’a pas atteint les prévisions des analystes à 2,87 milliards. C’est en fait un avantage fiscal qui a permis à BlackRock de battre le consensus en termes de profit. Le bénéfice net a bondi de 31% à 862 millions de dollars, contre 657 millions un an auparavant. Le bénéfice net ajusté de 5,25 dollars par action a ainsi dépassé la prévision à 4,89 dollars des analystes.
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