BlackRock plaide pour une révolution du marché obligataire corporate
Il est frappant (de voir que) les spectaculaires avancées technologiques ayant bouleversé les marchés actions au cours de la décennie écoulée n’ont eu qu’un impact limité sur la négociation des titres obligataires». Ce jugement lancé en juin dernier par Mary Jo White, la présidente de la SEC, est opportunément placé en exergue du «point de vue» publié hier par BlackRock.
Le numéro un mondial de la gestion d’actifs y appelle de ses vœux une profonde réforme du marché obligataire corporate. Le temps presse, il s’agit d’agir avant que la remontée des taux n’agite le marché pour en démasquer les carences.
BlackRock souhaite particulièrement encourager les émetteurs à proposer des titres standardisés, qui auraient le grand avantage de pouvoir permettre une liquidité renforcée sur les plates-formes électroniques. D’où également une fixation plus juste des prix par rapport aux échanges de gré à gré restés l’apanage des banques. Selon Greenwich Associates, les dix principaux courtiers concentrent plus de 90% des ordres. Les auteurs de l’étude, parmi lesquels la vice-présidente de BlackRock, Barbara Novick et son responsable du trading Richard Prager, relèvent que les conditions d’émission pourraient être rendues plus strictes, pourquoi pas en privilégiant des dates d’opérations ou de versement de coupons fixes ou en instaurant des seuils minimums.
Le document souligne qu’aujourd’hui des groupes comme General Electric ou Bank of America outre-Atlantique disposent chacun d’une seule action ordinaire mais de respectivement 905 et 1.295 titres obligataires. Une «fragmentation» qui doit être fortement réduite. Encore faudra-t-il intéresser les émetteurs et l’ensemble de la communauté de la gestion à cette évolution. Chris Higham chez Aviva Investors confie ainsi à Financial News qu’il apprécie en tant que gérant actif le fait de pouvoir tirer parti des différences au sein de cette foule de titres disponibles.
Mais si la standardisation du marché obligataire constitue selon BlackRock la principale source d’amélioration, le gestionnaire abat d’autres cartes, passant notamment par une plus grande transparence, qui pourrait être favorisée par des plates-formes où cesseraient de régner les échanges strictement bilatéraux.
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