Encore très dépendante des fonds monétaires, la filiale d’Amundi veut tripler ses encours dans les actions et diversifier sa distribution
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Antoine Landrot
BFT Gestion veut rompre avec la tradition. L’ancienne filiale de la Banque de Financement et de Trésorerie (BFT), intégrée à Amundi en 2011 au moment de l’absorption de sa maison-mère par le groupe Crédit Agricole, est un spécialiste historique des fonds monétaires, un segment particulièrement volatil. Mais elle entend diversifier tant ses encours que sa base d’investisseurs.
Avec une part de marché revendiquée de 5% en France sur le monétaire euro, le monétaire cumulait une vingtaine de milliards d’euros au 28 février, un montant stable depuis deux ans, mais qui a décuplé depuis 2004. Il représente un peu plus de 80% de la totalité des encours de BFT Gestion. Les encours obligataires crédit, deuxième expertise historique du groupe, ont atteint 2,5 milliards d’euros. Les fonds à rendement absolu atteignent 1,5 milliard.
Quant aux fonds actions et convertibles, leur encours a progressé de 41% pour atteindre 626 millions. C’est dans cette classe d’actifs que BFT Gestion nourrit le plus d’ambitions. «Nous voulons atteindre 1,5 milliard d’euros d’encours à la fin de l’année 2016», indique Stefan Narbutas, son directeur général.
Cette croissance ne devrait toutefois pas engendrer de renforcement significatif de l’équipe, composée de 17 gérants, dont quatre gérants actions et convertibles Europe. En effet, de manière générale, la stratégie de BFT Gestion est de privilégier l’accroissement de la taille des fonds plutôt que la multiplication de ces derniers. Inversant la tendance de la décennie précédente, de nombreuses sociétés de gestion rationalisent leurs portefeuilles. La filiale d’Amundi gère à ce jour 14 OPCVM. Elle souhaite doubler le nombre de véhicules - quatre aujourd’hui - dont l’encours dépasse les 500 millions d’euros.
Cette stratégie passe par un élargissement des canaux de distribution de BFT Gestion. Aujourd’hui, la société dépend à 70% d’institutionnels (dont les entités du groupe Crédit Agricole) et à 25% de grandes entreprises et de banques, auprès desquels elle commercialise ses fonds en direct. Elle souhaite élargir sa base aux PME, via les caisses régionales du Crédit Agricole, et à la gestion privée via la distribution externe: cette clientèle «en distribution» pourrait atteindre 10% des encours fin 2016. L’international est l’autre moyen de diversifier la clientèle. BFT compte pour cela sur l’homologation de fonds de droit luxembourgeois et la portée internationale d’Amundi.
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