BES rouvre le marché de la dette tier 2 pour les banques portugaises
L’arrivée de nouveaux émetteurs a donné un coup d’accélérateur au marché primaire euro de titres «tier 2» bancaire (LT2), avec de nombreuses émissions réalisées ces derniers temps. Environ un an après le retour des banques irlandaises sur le marché (Bank of Ireland), Banco Espirito Santo (BES) a ainsi été la première banque portugaise à se lancer à son tour jeudi dernier sur le marché primaire de titres «tier 2» au bout de quatre ans d’absence, avec une émission de 750 millions d’euros de nouveaux titres de maturité 10 ans.
Des titres qui contiennent en outre une clause de non-viabilité, prévoyant une participation aux pertes si la banque n’est plus jugée solvable. Si cette clause n’existait pas dans les anciennes émissions, elle «est également applicable pour les anciens titres LT2 : il existe de nombreux cas de restructurations d’anciens titres LT2», comme le rappelle Tullett Prebon. Hors cas de non-viabilité, les coupons ne peuvent pas être suspendus sur les nouveaux titres Tier 2.
Avec un coupon fixé à un niveau de 7,125%, l’émission de BES a offert un spread de 645 points de base (pb) au-dessus du taux de référence mid-swap. Des conditions qui ont ainsi permis d’attirer une demande de plus de 3 milliards d’euros pour ce titre subordonné qui servira à refinancer une dette équivalente de 600 millions émise en 2008.
Au bout de 5 ans, l’obligation notée B2 par Moody’s, offrira un «step-up» indexé sur un taux 5 ans + 6,058% qui permettra aux investisseurs de bénéficier d’une éventuelle hausse de taux. «Les nouvelles émissions euro tier 2 avec un call (option d’achat) bénéficient donc de l’avantage d’une protection contre une éventuelle hausse des taux via le coupon step-up indexé sur le niveau des taux mid-swap plutôt que sur l’Euribor (anciennes émissions)», explique Tullett Prebon, qui anticipe une légère hausse des taux 10 ans français et allemand d’ici à fin 2014.
«Les investisseurs montrent une confiance croissante dans l’Europe périphérique, et sont prêts à investir dans des instruments qui offrent des rendements attractifs», explique Alex MacMahon, responsable des marchés de capitaux chez Citigroup. CaixaBank et Unicredit avaient déjà émis en octobre et novembre des titres similaires pour des montants respectifs de 750 millions et un milliard d’euros, et à des spreads de 225 pb et 250 pb au-dessus du taux mid-swap.
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