Berlin promet l'équilibre entre augmentation des dépenses et baisse de la dette
Deux mois après le résultat des élections législatives, la CDU conservatrice d’Angela Merkel a enfin trouvé un accord de coalition avec son rival, le SPD. Les 470.000 membres du parti de centre gauche devront encore approuver le texte, à l’occasion d’un référendum interne dont les résultats sont attendus le 15 décembre. Le document de 185 pages signé hier a tout pour les convaincre, avec la création d’un salaire minimum national de 8,50 euros par heure et une hausse des dépenses publiques.
L’accord de coalition prévoit 23 milliards d’euros de dépenses supplémentaires sur la durée de la législature, dont 5 milliards pour l’éducation, 3 milliards de subventions de recherche et développement, et 5 milliards en infrastructures de transport. On est loin des 50 milliards réclamés à l’origine par le SPD, mais au-dessus de la limite de 15 milliards que se fixaient la CDU et la CSU.
«Le financement de ces dépenses supplémentaires ne semble pas être spécifié, suggérant un assouplissement budgétaire, équivalent à 0,8% du PIB étalé sur quatre ans», relève Alex White, économiste chez JPMorgan. De fait, le programme de coalition ne prévoit pas de hausse d’impôt. Mais Berlin n’entend pas dévier non plus de son orthodoxie budgétaire. L’accord reprend l’engagement de la CDU d’élaborer des budgets à l’équilibre et sans émission de dette nette à 2015. Il vise une réduction du ratio de dette publique sur PIB sous les 60% dans les 10 ans et à 70% à la fin de la mandature en 2017, contre 81% à fin 2012, soit à un rythme plus rapide que ne le requiert la Commission européenne.
Norbert Barthle, porte-parole d’Angela Merkel sur ces questions budgétaires, a laissé entendre que la baisse des coûts de financement et le surcroît de recettes liées à l’accélération de la croissance permettraient de financer ces dépenses.
Sur le front européen, Berlin reconnaît sa «responsabilité particulière». L’accord soutient la création d’une autorité de résolution européenne «pour les banques transfrontalières d’importance systémique» et celle d’un fonds de résolution unique abondé par les banques. Si un Etat a épuisé ses ressources, le Mécanisme européen de stabilité pourrait en dernier ressort renflouer des banques, mais dans la limite de 60 milliards d’euros. Le Bundestag devra approuver au préalable ce dispositif.
A la demande du SPD, la coalition poussera enfin à la mise en œuvre de la taxe sur les transactions financières (TTF) en Europe.
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