Bercy compte enterrer la hache de guerre avec Bruxelles
Le gouvernement se montre confiant dans le fait que la trajectoire des finances publiques françaises ne suscitera pas les foudres de Bruxelles. Et ce, alors même qu’il ne respecte pas tous les objectifs d’ajustement structurel fixés par ses partenaires européens.
«Nous sommes exactement dans le respect de la règle européenne», a assuré hier le ministre des Finances et des Comptes publics, Michel Sapin, lors de la présentation du programme de stabilité 2015-2018. Celui-ci sera envoyé à la Commission à la fin du mois.
La prévision de déficit pour l’année dernière ayant été révisée de 4,4% à 4%, le gouvernement se félicite de pouvoir respecter les demandes de ses partenaires européens en termes de réduction du déficit nominal. Celui-ci passera en dessous des 3% du PIB en 2017, conformément au pacte de stabilité et de croissance, et la France ferait même mieux que demandé par Bruxelles. Les promesses de Bercy sont confortées pour une fois par l’analyse du Haut Conseil des Finances Publiques qui a jugé que les prévisions de croissance de 1% pour 2015 et 1,5% pour 2016 et 2017 étaient «prudentes».
Le programme de stabilité prévoit cependant un effort budgétaire de 4 milliards d’euros pour 2015. Il intègre une révision à la baisse de la charge de la dette, faiblesse des taux aidant (1,2 milliard d’euros), ou encore augmentation du rendement de la lutte contre l’évasion fiscale (0,4 milliard). Ces mesures, qui ne nécessiteront pas de collectif budgétaire, doivent permettre au gouvernement de respecter sa cible de 21 milliards d’euros d’économies pour 2015 et l’objectif d’ajustement structurel fixé par Bruxelles de 0,5 point de PIB.
Il ne pourra pas en dire autant pour 2016 et 2017. Le gouvernement promet de réaliser 5 milliards d’euros d’efforts supplémentaires l’an prochain, notamment via un ralentissement des dépenses de l’Etat, de ses opérateurs et des collectivités locales, pour réaliser un ajustement structurel à 0,5 point de PIB en 2016 et 2017. L’effort sera donc bien moindre que celui demandé par Bruxelles (de respectivement 0,8 et 0,9 point de PIB). Bercy fait valoir qu’il sera cependant plus «adapté au contexte macroéconomique de la zone euro» de sortie de crise.
«La Commission ne rentre dans cette question du structurel, du potentiel, du ceci et du cela que si la voiture ne roule pas à la bonne vitesse», affirme Michel Sapin. A ses yeux, le respect des objectifs de déficit nominal prouve que la France «roule à la bonne vitesse».
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATUn monde boulerversé? La resilience perdure.
Dans un contexte chahuté, Invesco estime que la résilience perdure et offre un environnement d’investissement favorable pour le reste de l’année. -
En rehaussant ses taux, la Banque du Japon montre sa maîtrise de la politique monétaire
Le taux directeur a été relevé à 1%, comme anticipé, et la banque centrale a annoncé la fin de la réduction d’achats d’obligations à partir d’avril 2027. Une normalisation, attendue, n’a pas provoqué de remous, ni apporté de réconfort à un yen affaibli depuis des mois. -
Renault et Thales s'allient pour développer une filière drone en France
Les deux groupes veulent notamment produire 1.000 unités par mois d'une munition téléopérée baptisée Toutatis à partir de 2027. -
Le superviseur français installe ses premières rencontres anti-blanchiment
Dans le sillage de la création de l’Autorité européenne de lutte contre le blanchiment de capitaux, l'ACPR, le gendarme de la banque et de l'assurance, a organisé une matinée pour souligner les dangers liés à l’innovation financière mais aussi les apports de l’IA pour mener les contrôles. -
Le marché du pétrole n’est pas près de retrouver ses niveaux d’avant-guerre
La perspective d’un accord signé entre Américains et Iraniens dès vendredi a fait plonger le cours du brut à un plus bas depuis début mars. Retrouver un prix inférieur à 70 dollars pourrait toutefois prendre plusieurs trimestres tant les incertitudes restent nombreuses. -
Prix de transfert : le mirage du prix incontestable
Dans une tribune pour l'Agefi, Thierry Louzier, juriste senior conseil au sein du cabinet De Gaulle Fleurance revient sur les prix de transfert souvent présentés comme un terrain privilégié de la fraude fiscale.
ETF à la Une
Tom Stephens (Schroders) : « L’écosystème ETF, la gestion active et la construction de portefeuille moderne convergent fortement »
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
- Ethos hausse le ton et exclut toute entreprise engageant de nouveaux projets pétroliers ou gaziers
- L'AFG promeut dans un livre blanc la retraite supplémentaire par capitalisation
- La guerre au Moyen-Orient n'affole pas la place financière de Paris
Contenu de nos partenaires
-
Après la guerre en Iran, retour aux affaires domestiques pour Donald Trump
Après un accord de principe avec Téhéran, le président américain doit désormais gagner sur un terrain plus redoutable : une opinion publique échaudée par les sacrifices économiques de la guerre, et des midterms qui se rapprochent -
FlamboyantSpaceX laisse-t-il de la place aux autres à Wall Street ?
L'entrée en Bourse de la société continue de faire des vagues. Wall Street se prépare à d'autres opérations majeures dans les prochains mois -
Quand un petit extra fait sortir de l’ordinaire
Pour une nuit ou l’espace d’un instant, les Français sont de plus en plus nombreux à privilégier une expérience coûteuse et éphémère, mais inoubliable. L’art de concilier budget et intensité a même un nom : le « lux-scaping ».