Benoit Cœuré remet au goût du jour l’hypothèse de taux négatifs
Le membre du directoire de la BCE a affirmé que la banque centrale étudie «très sérieusement» cette option pour la facilité de dépôt
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Patrick Aussannaire
Benoit Cœuré entretient le «put BCE». Après le communiqué de la Cour constitutionnelle allemande remettant en cause la légalité du programme de rachat illimité d’obligations souveraines OMT de la BCE, le membre français de son directoire a affirmé à Reuters que le statut de l’instrument le plus important jamais mis en place par l’autorité pour ramener le calme sur le marché de la dette souveraine des pays périphériques de la zone euro demeure «intact».
«Il est prêt à être activé, même s’il est hautement improbable qu’il soit utile de le faire à l’heure actuelle», a-t-il d’ailleurs précisé. Jamais mis en œuvre, cet instrument a pourtant permis depuis sa mise en place en septembre 2012 une chute du rendement des obligations d’Etat espagnoles à 10 ans de 317 pb à 3,64%, de 283 pb à 3,72% pour les obligations italiennes, et de 88 pb à 3,26% pour l’Irlande. Le Portugal a même vu ses rendements reculer de 371 pb à 4,98%, et la Grèce de 1.395 pb, à 7,23%. En outre, les marchés sont restés de marbre à l’annonce de la décision de la cour allemande, l’essentiel des effets de l’OMT semblant déjà matérialisés.
«L’annonce seule de l’OMT de la BCE semble donc être à l’origine d’un déplacement du marché des obligations souveraines d’un mauvais équilibre, marqué par une crise auto-réalisatrice, vers un bon équilibre», explique ainsi Natixis. Dans ce contexte, la priorité de la BCE s’est déplacée sur le terrain de la lutte contre les pressions désinflationnistes et de la transmission de la politique monétaire, mais elle compte capitaliser sur la crédibilité de sa forward guidance.
Benoit Cœuré a ainsi ajouté que le conseil des gouverneurs de la BCE réfléchit «très sérieusement» à la possibilité de baisser le taux de dépôt en territoire négatif afin de faciliter la circulation des capitaux dans l’ensemble des économies de la zone euro.
Un outil contesté au sein des membres de la BCE et qui semblait enterré, au profit de l’arrêt éventuel de la stérilisation du programme SMP qui permettrait de libérer 175 milliards d’euros de liquidités et de calmer temporairement les tensions sur le marché monétaire. Mario Draghi n’en a même pas fait mention au cours de sa conférence de presse post-réunion BCE la semaine dernière, et Benoit Cœuré ajoute lui-même qu’il ne faut pas «trop attendre» d’une telle mesure.
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