Ben Bernanke ne donne pas d’indices sur les intentions de la Fed

Face au Sénat, le président de la Réserve Fédérale s’est contenté de dire que son institution restait prête à agir pour soutenir l'économie
Solenn Poullennec
Photo: Bloomberg News
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Entendu par les sénateurs américains hier, le président de la Fed, Ben Bernanke a répété que la banque centrale était prête à agir si besoin pour soutenir la croissance. Tout en dépeignant une situation économique difficile, il n’a pas donné d’indices sur le devenir de sa politique d’assouplissement quantitatif.

Après l’intervention, le dollar a légèrement progressé face à l’euro à 0,816 contre 0,814. Le banquier central s’est contenté de dire que la banque pouvait augmenter ses rachats de Treasuries ou de titres adossés à des prêts hypothécaires (Mortgage backed-securities), baisser le taux d’intérêt payé par la Fed sur les réserves des banques ou modifier la communication sur les perspectives de taux d’intérêt. «L’absence d’annonces concrètes n’est pas surprenante et nous conforte dans l’idée que la Fed ne devrait pas agir avant la réunion du 13 septembre, celle du 1er août nous semblant assez inutile», écrit Rob Carnell, chez ING.

Les dernières «minutes» publiées par la banque centrale montraient que les membres du comité de politique monétaire restaient divisés sur la marche à suivre. Ils ont seulement décidé de gagner du temps fin juin en prolongeant de six mois l’opération Twist destinée à assouplir les conditions de financement.

Selon Ben Bernanke, «la baisse du taux de chômage devrait rester lente, ce qui est frustrant». Le taux de chômage est resté à 8,2% aux Etats-Unis en juin. Le banquier central a souligné que «les données récentes indiquent que la croissance devrait être plus faible au second trimestre». Elle est ressortie à 2% au premier. La Fed maintient que la croissance devrait être de 1,9 à 2,4% cette année et de 2,2 à 2,8% en 2013. Ben Bernanke a distingué deux risques qui pourraient nuire à la croissance américaine. Le premier est que la crise de la zone euro et les difficultés des banques espagnoles continuent de s’aggraver.

Le second est la consolidation budgétaire aux Etats-Unis. Selon lui, «le déploiement d’une stratégie crédible à moyen terme pour contrôler les déficits devrait être prioritaire». Si le Congrès n’arrive pas à s’accorder, des hausses d’impôts et baisses des dépenses à hauteur de 600 milliards de dollars s’imposeront automatiquement l’année prochaine.

Dans ce contexte, «les décisions budgétaires devront tenir compte de la fragilité de la reprise», a mis en garde Ben Bernanke.

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