Barack Obama se lance dans une course contre la montre pour éviter le fiscal cliff
Les tergiversations sur la résolution du «fiscal cliff» américain éprouvent la patience des investisseurs. Tentant de faire mentir un sondage du Pew Research Center montrant que la moitié environ des Américains doutent d’un accord entre républicains et démocrates, le président réélu Barack Obama s’est lancé dans une course contre la montre qui le conduit à recevoir aujourd’hui une dizaine de grands patrons américains, dont ceux de General Electric, American Express, Ford Motor, IBM et Wal-Mart.
Or, ces derniers ont renvoyé hier sans ménagement le gouvernement à ses responsabilités. «Si lors des dernières discussions sur le plafond de la dette (ndlr, à l'été 2011), ils ont joué avec le feu, cette fois, ils jouent avec la nitroglycérine », s’inquiétait hier David Cote, directeur général d’Honeywell. Et Duncan Niederauer, PDG de Nyse Euronext, de menacer qu’en cas d’échec des négociations, «nous n’investirons tout simplement plus aux Etats-Unis. Nous investirons ailleurs, là où nous aurons plus de certitude sur les perspectives économiques». BofA Merrill Lynch Global Research estime que les longues négociations créent un climat d’incertitudes pour les entreprises et les consommateurs.
Les deux camps restent actuellement ancrés sur leurs positions, les démocrates tenant à augmenter le taux d’imposition des 2% les plus riches, et les républicains souhaitant reconduire les baisses d’impôts pour toutes les tranches de revenus. Glenn Hubbard, ancien conseiller de campagne de Mitt Romney, a ouvert la porte d’un compromis en indiquant hier dans le Financial Times que «le premier pas est d’augmenter le taux moyen (pas marginal) d’imposition sur les plus hauts revenus». Mais le secrétaire au Trésor Timothy Geithner a repoussé la solution temporaire de prolongation des allègements fiscaux pour donner du temps au gouvernement, l’estimant risquée et susceptible d’alimenter l’incertitude sur les marchés. Et le président de la Fed de Dallas, Richard Fisher, d’indiquer que le Fed ne sera pas «un filet de sécurité».
«Un accord entre les deux parties est probable» estime Aurel BGC qui précise cependant qu’«il est illusoire de penser que l’accord ne pèsera pas sur la croissance américaine de 2013. Un durcissement budgétaire s’annonce aux Etats-Unis, la principale inconnue est son ampleur». Le rapport du Congressional Budget Office montre un choix entre récession dans le cas où toutes les «mesures automatiques» sont appliquées en 2013, ou crise budgétaire si les hausses d’impôts sont reportées et les coupes budgétaires gelées.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE suit la boussole des marchés
La banque centrale joue la montre avant une très probable hausse de taux en septembre, le temps d’avoir les données pour la justifier. Le Conseil des gouverneurs donne cependant l’impression de se satisfaire de voir les marchés anticiper, voire guider ses décisions. Malgré des taux à 10 ans au plus haut depuis longtemps. -
La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
La banque d’affaires cotée à New York a vu son bénéfice fondre de 90% au deuxième trimestre, sous l'effet d'un taux d'impôt exceptionnellement élevé et de charges liées au rachat en cours de Campbell Lutyens. -
Les banques soutiennent le plan de Daniel Kretinsky pour Casino
Elles ont accepté de mettre en œuvre la restructuration financière privilégiée par le distributeur même en cas d’opposition des autres créanciers. Les incertitudes juridiques sur le dossier restent élevées. -
La guerre au Moyen-Orient contraint la France à changer de fournisseurs de pétrole
Brut ou raffiné, le pétrole importé du Moyen-Orient s’est tari avec la guerre contre l’Iran, contraignant la France à en acheter davantage aux Etats-Unis et au Kazakhstan, mais aussi au Nigeria, à la Norvège ou à Israël. -
Valeo va rembourser par anticipation ses obligations à échéance 2027
Le montant nominal en circulation de ces obligations est de 750 millions d'euros. -
La place de Paris peine à trouver des pistes pour encadrer les organisations de la finance décentralisée
Le Haut Comité juridique de la place financière de Paris a publié un rapport mercredi 22 juillet pour donner ses premières propositions concernant un éventuel cadre juridique pour les organisations autonomes décentralisées sur la blockchain.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Arnaud Jacquemin et Gaëlle Duclos (Société Générale Securities Services) : « La taille n’est qu’une dimension de notre compétitivité »
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- Echiquier Gestion Privée mise sur l'architecture ouverte pour séduire de nouveaux clients
Contenu de nos partenaires
-
Fin de sessionLFI : à l'Assemblée, la stratégie de la terre brûlée
A mesure que le RN s'associe au gouvernement, LFI se construit en adversaire résolu. Dans l'hémicycle, chaque défaite est pensée comme une victoire politique au service de la campagne de Jean-Luc Mélenchon -
EditorialMeurtre à Crépol : regarder en face le « racisme anti-blanc »
Il ne faut pas se laisser piéger par les communautaristes patentés qui prônent une hiérarchie dans la haine raciale, ni par la clique sociologisante qui réfute ce racisme appliqué aux Blancs au prétexte qu'il ne relèverait pas d'une oppression systémique -
Ça va piquerFranchises médicales : les gros consommateurs passent à la caisse
Sébastien Lecornu s’attaque au terrain très sensible du reste à charge des Français, un an après l’échec de son prédécesseur à faire adopter une mesure similaire