Barack Obama sacrifie une partie des dépenses sociales pour réduire le déficit
Dans un exercice d'équilibriste visant à rallier le vote Républicain dans un contexte économique dégradé, Barack Obama a adressé hier soir, avec deux mois de retard, au Congrès américain un plan budgétaire 2014 de compromis qui vise à la fois les Américains les plus riches, mais limite également les dépenses des programmes sociaux pour réduire le déficit. Le président a également signé dans la foulée le texte prévoyant un gel automatique des crédits budgétaires de 109 milliards de dollars qui affectera le budget 2014.
Un budget handicapé par la révision à la baisse par la Maison blanche des perspectives de croissance de 0,4 point pour 2013 et 0,3 point pour 2014, par rapport à ce qui était prévu dans le dernier collectif budgétaire publié en juillet, à respectivement 2,3% et 3,2%. Dans ce contexte, sur l’année fiscale 2014, le budget comprend une hausse des dépenses de 6% à 3.770 milliards, et un déficit public ramené à 4,4% du PIB, contre 5,5% prévu pour cette année. D’ici 2023, le déficit devrait revenir à 1,7% du PIB, avec 50 milliards prévus pour le financement d’infrastructures.
Certes, le budget fait un pas en direction du camp Républicain en imposant 400 milliards de dollars d'économies sur les programmes sociaux en dix ans grâce à un changement du calcul de l’inflation pour l’indexation des retraites et des tranches d’imposition, dont 57 milliards de hausses de cotisations sur les bénéficiaires du programme Medicare, 306 milliards sur les remboursements de santé prévus sur Medicare, et 19 milliards sur le programme Medicaid destiné aux plus pauvres.
Mais il prévoit également 580 milliards de nouvelles recettes issues de la limitation des réductions d’impôts pour les ménages américains qui gagnent plus d’un million de dollars par an qui se verront appliquer un seuil minimum d’imposition de 30%. Les réductions d’impôts sur les sociétés sont également visées.
«J’ai déjà fait plus de la moitié du chemin sur les propositions républicaines», a lancé Barack Obama, mais le budget a peu de chance d’être adopté en l’état et suscite déjà les critiques. John Boehner, chef de file des Républicains à la Chambre des représentants, a salué la baisse des dépenses sociales mais reste ferme sur le rejet de toute hausse d’impôts.
Par ailleurs, la proposition de taxer sur les profits latents sur les produits dérivés a soulevé un tollé de la part de l’industrie de la gestion d’actifs. « Vous allez tuer l’activité de trading et rendre non rentable une stratégie de gestion des risques et de génération de revenus pour les investisseurs » a alerté Jim Binder, membre du groupe de pression Options Clearing Corporation.
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