Barack Obama défend un projet de budget 2015 centré sur des valeurs
S’il laissera les républicains de marbre, le projet de budget 2015 de 3.900 milliards de dollars dévoilé hier par Barack Obama devrait donner de l'élan aux démocrates dans la perspective des élections de mi-mandat en novembre prochain. Il repose en effet sur une équation familière : financer une hausse des dépenses domestiques (éducation, travaux d’infrastructures, recherche) par la fin d’avantages fiscaux pour les plus aisés et les grandes entreprises.
Le plan couvre en réalité moins du tiers du montant que le gouvernement sera amené à dépenser l’an prochain, le reste étant automatiquement distribué via des programmes fédéraux (dont la Sécurité sociale, Medicare et Medicaid). Barack Obama a donc détaillé des propositions respectant le volet discrétionnaire de 1.014 milliards de dollars conclu lors d’un accord entre le Sénat et la Chambre des représentants en décembre dernier.
Le président américain a mis en avant la problématique des bas salaires, avec un appel lancé au Congrès pour relever le salaire minimum à 10,10 dollars de l’heure, contre 7,25 dollars actuellement. Il a également proposé de doubler l’un des principaux dispositifs de crédit d’impôt (Earned Income Tax Credit) pour 13,5 millions de travailleurs sans enfants, ce qui réprésenterait une enveloppe totale avoisinant les 60 milliards de dollars sur dix ans.
«Notre budget est une question de choix, il porte sur des valeurs», a déclaré le président américain en visite dans une école élémentaire de Washington. Barack Obama a renouvelé son idée d’une prise en charge éducative de qualité des enfants en bas âge. Un effort qui coûterait 76 milliards de dollars sur dix ans et qui serait financé par un relèvement des taxes fédérales sur le tabac.
A l’autre extrémité de son échelle de valeurs, Barack Obama veut contraindre le secteur de la Défense, qui hérite pour l’exercice fiscal 2015 (à compter du 1er octobre) d’un budget en stagnation. Le locataire de la Maison Blanche souhaite également une révision de la fiscalité des entreprises, avec la fin de diverses niches et avantages fiscaux. L’administration Obama entend lutter en particulier contre l’optimisation fiscale pratiquée par certaines sociétés grâce à des structures à l'étranger.
Ce budget produirait un déficit de 564 milliards de dollars sur l’exercice clos le 30 septembre 2015, soit 3,1% du PIB. Selon les prévisions officielles, le déficit poursuivra sa décrue jusqu’en 2018, date à laquelle il comptera pour 1,9% du PIB, principalement grâce à une hausse des recettes fiscales.
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