Axa Reim et le fonds norvégien visent la dette immobilière
La coopération entre Axa Real Estate Investment Managers (Axa Reim) et Norges Bank Investment Management (NBIM) prend une nouvelle dimension. La filiale de l’assureur français et le gérant du fonds souverain norvégien ont annoncé hier la création d’un fonds qui investira dans des prêts à l’immobilier d’entreprise.
Les deux partenaires sont ambitieux: ils pourront consacrer jusqu’à 600 millions d’euros par opération, ce qui en fera l’un des rares acteurs capables de financer seul les «méga deals». Axa Reim, chargé de gérer le portefeuille, se limitera à la dette garantie et de premier rang («senior»), prioritairement destinée à des projets situés en France, au Royaume-Uni et en Allemagne. En outre, le gérant souscrira essentiellement à des émissions primaires. NBIM, et les différentes entités du groupe Axa pour le compte duquel Axa Reim agit, investiront à parité.
«Le joint-venture permettra à NBIM d’atteindre deux objectifs principaux: investir dans la dette d’immobilier commercial et investir avec une équipe expérimentée ayant une capacité bilancielle importante et un horizon d’investissement à long terme», explique le fonds norvégien. En effet, Axa Reim revendique la place de premier gérant européen de dette immobilière, grâce à une plate-forme de 7,5 milliards d’euros. Il a déjà investi 1,8 milliard d’euros depuis le début de l’année, dont 45% au Royaume-Uni. L’accord avec NBIM permettra à Axa Reim d’approcher de son objectif de 2,5 milliards pour l’année.
Axa Reim et son associé norvégien commencent à bien se connaître. Il s’agit de la troisième société commune entre les deux partenaires. Il y a un an, ils avaient bouclé la plus importante transaction immobilière de 2012 en Allemagne en achetant à Royal Bank of Scotland pour 784 millions d’euros d’actifs immobiliers commerciaux. En juillet 2011, NBIM avait investi 700 millions pour prendre 50% d’un joint-venture, dans lequel Axa Reim avait transféré des bureaux parisiens d’une valeur de 1,4 milliard d’euros.
L’intérêt des Norvégiens pour l’immobilier date de 2010. Le gouvernement avait autorisé son fonds souverain à consacrer jusqu’à 5% de son allocation à l’immobilier commercial – soit environ 20 milliards d’euros. Les autorités sont intervenues à l’automne 2012 pour autoriser NBIM à acheter de la dette immobilière. L’arrivée à l’échéance en 2013 et 2014 de nombreux prêts accordés avant la crise laisse entrevoir de multiples occasions d’investissement.
Plus d'articles du même thème
-
L’Af2i a remis ses prix académiques pour des recherches publiées en 2025
La commission Recherche de l’Association française des investisseurs institutionnels a distingué trois chercheurs pour des travaux qui portent cette année sur des sujets de durabilité. -
Mubadala rassure les gestionnaires d’actifs américains
Mubadala, le fonds souverain d’Abou Dabi, a réaffirmé son engagement à investir aux États-Unis à l’occasion d’une conférence mondiale organisée par le Milken Institute. -
LD Pensions recherche un gérant actions européennes
Le danois LD Pensions a lancé un appel d’offres pour la gestion de ses investissements en actions européennes. -
La France creuse le sillon de la souveraineté dans les terres rares
Bâtir une société électrifiée nécessite un approvisionnement massif et sécurisé en terres rares et minéraux critiques. Le gouvernement a décidé de soutenir financièrement la production de ces matières premières, notamment en France, et d’assurer les débouchés de la filière auprès des secteurs qui les consomment. -
Les dettes subordonnées bancaires affichent une résistance plus structurelle aux crises
La conjonction des facteurs fondamentaux, liés à la solidité des banques, et des facteurs techniques, liés notamment à la bonne collecte globale du crédit, donne l’impression, à l’occasion de ce choc pétrolier, que les dettes subordonnées comme les AT1 ont globalement réduit leur biais «risqué» par rapport aux autres classes d’actifs. -
Emmanuel Moulin est proposé comme nouveau gouverneur de la Banque de France
L'Elysée a proposé le nom d'Emmanuel Moulin pour prendre la suite de François Villeroy de Galhau au poste de gouverneur de la Banque de France. L'Assemblée et le Sénat devront maintenant se prononcer sur ce projet de nomination.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Ofi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
- BNP Paribas collecte 15,7 milliards d'euros dans sa gestion d'actifs au premier trimestre 2026
- Les gestionnaires d'actifs trouvent dans la clientèle retail un relais de croissance majeur
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France