Athènes se défend de toute intransigeance envers ses créanciers
La deuxième téléconférence en moins de quatre jours qui s’est tenue hier soir entre la Chancelière allemande Angela Merkel, le président de la République François Hollande et le Premier ministre grec Alexis Tsipras reflète l’urgence d’une entente sur les conditions de déblocage d’une aide financière à Athènes. «Nous pensons que nous pouvons et que nous aurons un accord dans la semaine», a déclaré samedi à la chaîne de télévision Skai le ministre grec de l’Intérieur, Nikos Voutsis, en soulignant que la mise en œuvre de certains pans du programme anti-austérité du gouvernement «pourraient être retardés de six mois voire d’un an».
Dans une tribune publiée hier dans Le Monde, Alexis Tsipras est revenu sur les nombreuses propositions de réformes soumises par la Grèce à ses partenaires européens. Il a réfuté toute intransigeance du pays dans les négociations avec ses créanciers, en dénonçant «l’obsession de certains représentants institutionnels qui insistent sur des solutions déraisonnables». Selon Bloomberg qui se réfère à des sources proches du dossier, le principal point de blocage des discussions concerne 3 milliards d’euros d’économies budgétaires supplémentaires demandées par le «Groupe de Bruxelles» (FMI, BCE et Union européenne).
«Nous croyons toujours qu’un accord est possible, mais une pression plus importante sera sans doute nécessaire», juge Ricardo Garcia-Schildknecht, économiste chez UBS. Les statistiques publiées vendredi par la BCE sur les dépôts bancaires en Grèce montrent que la marge de manœuvre du pays devient de plus en plus faible. Avec l’accélération des retraits aux guichets motivée par une crainte grandissante d’un contrôle des capitaux, ces dépôts ont chuté de 5,6 milliards d’euros en avril pour revenir à 139,4 milliards, leur plus bas niveau depuis plus de 10 ans. Ils dépassaient 240 milliards d’euros à la fin de l’année 2009.
Réagissant aux déclarations des ministres français et allemand de l’Economie, Emmanuel Macron et Sigmar Gabriel, qui se sont prononcés en fin de semaine pour la mise en place d’une «avant-garde de la zone euro», Alexis Tsipras a également mis en garde contre la création d’une zone euro à deux vitesses «où le noyau central imposerait les règles dures d’austérité et d’ajustement». Cette stratégie entraînerait selon lui «un processus d’incertitude économique et politique qui pourrait aussi transformer de fond en comble les équilibres dans l’ensemble du monde occidental».
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