Athènes gagne à nouveau du temps en regroupant ses échéances de prêt
Bien que la Grèce soit au bord du défaut de paiement, le gouvernement d’Alexis Tsipras utilise toutes les marges de manœuvre à sa disposition pour prolonger les négociations avec ses créanciers internationaux. Il a ainsi fait savoir hier au Fond Monétaire international (FMI) qu’il ne rembourserait pas le prêt de 300 millions d’euros normalement exigible aujourd’hui. Il compte plutôt regrouper les quatre paiements prévus ce mois-ci, soit au total 1,5 milliard d’euros, en une seule échéance qu’il réglera le 30 juin prochain.
«En vertu d’une décision du Comité exécutif du FMI adoptée à la fin des années 1970, les pays-membres peuvent demander le regroupement de remboursements du principal en une seule échéance sur un mois donné pour éviter des paiements multiples», a expliqué un porte-parole de l’institution. Jusqu’à présent, seule la Zambie avait eu recours à cette option dans les années 80.
Une réunion prévue ce soir à Bruxelles a été annulée, Athènes s’étant abstenu de répondre jeudi au projet présenté par la Commission européenne et le FMI, qui demande notamment à la Grèce une réduction des dépenses de retraites de 1,8 milliard d’euros, soit 1% du PIB, et une augmentation similaire des recettes de TVA. Ils veulent aussi que le gouvernement grec renonce à l’allocation de solidarité sociale (EKAS) dont bénéficie une partie des retraités, ce qui permettrait d'économiser 800 millions d’euros d’ici à 2016. Ce regroupement de dettes, qui écarte le risque de faillite immédiate de la Grèce, laisse davantage de temps à Alexis Tsipras pour parvenir à un accord. Le chef du gouvernement consultera le Parlement grec aujourd’hui en fin d’après-midi, avant de retourner à la table des discussions lundi.
Il n’en reste pas moins que le report de ce remboursement, qui préfigure peut-être de nouvelles tractations longues, a été fraîchement accueilli à Bruxelles. «Le regroupement des paiements n’est pas bon signe, cela va être difficile à partir de maintenant», a déclaré à Reuters un responsable européen. Les représentants des ministères des Finances de la zone euro ont fait savoir à Athènes hier soir qu’ils craignaient que ce nouvel allongement des discussions n’oblige à une troisième extension du plan d’aide de 240 milliards d’euros, qui expire fin juin.
«Les négociations sont loin d'être terminées», a d’ailleurs confié la chancelière allemande Angela Merkel lors d’une conférence de presse.
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