Après la France, le FESF pourrait être dégradé à son tour par Moody’s
Une dégradation du pare-feu européen lui permettrait à nouveau d'émettre de la dette long terme après le report de son émission mardi
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Krystèle Tachdjian
Après la dégradation de la France par Moody’s, les regards sont tournés vers le FESF. Le Fonds européen de stabilité pourrait en effet lui aussi perdre son Aaa du fait de la détérioration de la signature d’un de ses principaux garants.
Certes Moody’s a annoncé mardi le maintien de la note Aaa pour le pare-feu européen avec une perspective négative, mais l’agence a aussi précisé qu’elle allait étudier les conséquences de cet abaissement sur la note du FESF.
La dégradation par Moody’s du FESF pourrait intervenir assez vite probablement dans les prochains jours, soulignaient hier certains économistes. Ce n’est pas la première fois que la situation se présente. En janvier déjà Standard & Poor’s n’avait pas tardé à dégrader d’un cran le FESF après avoir ôté le AAA français.
Une nouvelle dégradation du FESF est d’autant plus attendue qu’elle lui permettrait à nouveau d’émettre de la dette long terme après le report mardi de son émission à 3 ans. Toute nouvelle émission doit en effet être garantie à 100% par les Etats membres dont la note souveraine attribuée par chacune des trois grandes agences de notation est similaire à celle du FESF, selon l’acte de garantie du fonds.
Dans son analyse Moody’s a indiqué qu’elle se pencherait sur le point de savoir si le soutien disponible de la part des garants et des actionnaires qui sont toujours notés Aaa sont cohérents avec le maintien de la note la plus élevée pour le FESF et le MES. Aujourd’hui, seuls 40% des pays garants du Fonds européen sont notés Aaa.
Quoi qu’il en soit, la dégradation attendue du FESF ne remettrait pas en cause sa solidité. Tout au plus, cela pourrait entraîner une hausse des taux d’emprunt demandés par les marchés mais ce surcoût devrait rester limité. Le fonds continue en effet à se refinancer à bon prix voire à des taux négatifs.
Mardi, le FESF a levé près de 2 milliards d’euros à court terme à un rendement moyen légèrement négatif. Lors des récentes émissions de long terme, les taux offerts restaient à des niveaux très bas, environ 2,2%.
La possible dégradation du FESF pourrait aussi conduire à renforcer l’intérêt du MES (Mécanisme européen de stabilité) son successeur, doté de 80 milliards de capitaux propres, et moins sensible aux variations des notations des Etats qui interviennent en qualité d’actionnaires et non pas de garants.
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