Angela Merkel n’est pas favorable à un euro trop fort
Angela Merkel a fait plier l’euro vendredi matin, dans un marché rendu nerveux par l’enlisement du dossier grec. Dans un discours prononcé devant des dirigeants d’entreprise à Berlin, la chancelière allemande a reconnu qu’un euro fort «signifie qu’il est plus difficile pour (des pays comme l’Espagne et le Portugal-ndlr) de retirer des bénéfices des réformes». En quelques minutes, la monnaie unique est passé de 1,1226 à 1,1158 dollar, avant de remonter légèrement par la suite. «J’aimerais au moins vous demander de comprendre que les banques centrales, comme la Banque centrale européenne, doivent réfléchir à ce qu’il faut faire si le taux d’inflation est aussi bas et à faire en sorte que nous ne nous engagions pas dans un cycle déflationniste», a-t-elle expliqué à ces dirigeants d’entreprises, alors que l’action de la BCE a été critiquée ces derniers mois en Allemagne.
«Le seul fait que Merkel ait choisi de s’exprimer sur l’euro est en soi une surprise», a commenté Geoffrey Yu, responsable de la stratégie devises d’UBS à Londres. «Elle n’avait peut-être pas l’intention d’intervenir de cette manière mais cela confirme ce que soupçonnent depuis longtemps déjà les marchés, à savoir qu’un euro faible reste l’option préférée non seulement des industriels mais des politiques allemands.» La monnaie unique reste encore loin de son plus bas de l’année, touché en mars, à 1,0495.
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