Amundi résiste au ralentissement du deuxième trimestre
Amundi bénéfice de sa discipline financière alors que le temps se couvre pour les gestionnaires d’actifs. Au deuxième trimestre 2018, le résultat net part du groupe a progressé de 14,3% sur un an, à 234 millions d’euros, a annoncé jeudi matin le premier gestionnaire d’actifs européen. Ajusté des coûts d’intégration de l’italien Pioneer et de l’amortissement des contrats de distribution dans les réseaux Société Générale, Bawag et UniCredit, le résultat atteint 252 millions d’euros, en hausse de 12,2% par rapport à la même période de 2017.
Un résultat salué par un fort rebond de l’action Amundi jeudi matin. Celle-ci gagnait plus de 9% dans les premiers échanges.
Intégration réussie de Pioneer
Les revenus de la filiale du Crédit Agricole ont pourtant reculé de 1,5% à 677 millions d’euros sur la période, mais les charges d’exploitation ont diminué dans le même temps de 4%. Sur le semestre, le coefficient d’exploitation tombe à 50,5%, en recul de 52,9%, confirmant le statut de plate-forme low cost d’Amundi. «L’exécution de l’intégration de Pioneer est réussie», s’est réjoui Yves Perrier, le directeur général du groupe, lors d’une conférence téléphonique.
«Amundi a prouvé la résilience de son business model grâce à la diversité de ses lignes métiers et de ses géographies, a poursuivi le dirigeant. Le deuxième trimestre s’est fait dans un environnement beaucoup plus difficile», marqué par une montée de l’aversion pour le risque. La collecte nette a notamment ralenti à 2,6 milliards d’euros sur avril-juin, contre 39,8 milliards au premier trimestre, jugé «exceptionnel». La collecte sur actifs moyen long terme (8,4 milliards) a compensé les sorties traditionnelles du mois de juin sur les fonds monétaires (-5,7 milliards). Par type de clientèle, le retail a apporté 12,9 milliards alors que les institutionnels ont retiré 10,3 milliards. Grâce à un effet marché positif (+11,4 milliards), le montant des actifs gérés s’établit à 1.466 milliards d’euros à fin juin.
Pas de relèvement d’objectifs
Au total, «ces chiffres sont significativement en avance sur notre plan de marche», fait valoir Yves Perrier, alors que le marché s’interroge sur les perspectives du secteur. L’action Amundi recule ainsi de 17,28% depuis le 1er janvier. Et Yves Perrier de rappeler les objectifs à horizon 2020 du gestionnaire : une collecte nette moyenne de 50 milliards par an (déjà 42,4 milliards au premier semestre), une croissance du résultat net de 7% par an (+13% à fin juin), et un coefficient d’exploitation inférieur à 53%. Mais pas question pour le moment de relever ces prévisions.
Plus d'articles du même thème
-
Marsh devrait reprendre la sélection de fonds d’ABN Amro IS
Selon des informations de Citywire, Marsh (anciennement Mercer) va reprendre l’activité de sélection de fonds d’ABN Amro IS. Plusieurs autres candidatures ont été étudiées, comme celles de Morningstar, Russell et même BlackRock. Contacté, ABN Amro IS n’a pas souhaité faire de commentaire. -
Le parapluie obligataire est de sortie chez L&G
Le leader de l'assurance et de la gestion d'actifs au Royaume-Uni annonce se couvrir du risque souverain américain. -
Jacques-Aurélien Marcireau lance Stilgar AM et son premier fonds sur la data
L'ex-gérant du fonds Big Data d'Edmond de Rothschild AM a présenté sa société de gestion, qu’il veut « IA native ». Il lance un premier fonds sur l'économie de la donnée, dans la continuité de son précédent fonds. -
La liquidité des obligations en euros résiste à la crise
A l’occasion de l’événement Fixed Income Leaders Summit (FILS), du 13 au 15 octobre à Antibes (France), L’Agefi publie pour la première fois, en partenariat avec Propellant Digital, un observatoire de la liquidité sur les obligations libellées en euros. -
JPMorgan AM veut doubler ses encours en Europe dans les cinq ans
JPMorgan Asset Management veut doubler ses encours sous gestion en Europe pour les porter à 2.000 milliards de dollars d’ici cinq ans. « L’Europe est un très bon terrain pour poursuivre notre croissance », a déclaré dans un entretien accordé au Financial Times Patrick Thomson, directeur général de JPMorgan Asset Management pour la zone EMEA. « Nos trois priorités stratégiques, à savoir les ETF actifs, les actifs alternatifs et le développement de partenariats avec les plus grands gestionnaires de fortune, vont porter notre croissance. » -
Les sociétés de gestion sur plusieurs fronts du risque
Quand couvrir le risque revient à le découvrir. Voilà un des enseignements de l'étude réalisée par Clearwater, où neuf acteurs de la gestion d'actifs sur dix indiquent vouloir augmenter leur exposition aux actifs alternatifs.
ETF à la Une
VanEck a collecté plus de 13 milliards de dollars depuis le début de l’année pour sa gamme d’ETF Ucits
- Jacques-Aurélien Marcireau lance Stilgar AM et son premier fonds sur la data
- BlackRock plaide pour un nouveau type de financement dans l'IA
- Scor Investment Partners veut ouvrir son expertise de titrisation aux investisseurs institutionnels
- AllianzGI domine la collecte des fonds français au troisième trimestre
- Amundi renforce son offre d’ETF thématiques
Contenu de nos partenaires
-
IdentitésLa dette française et le dilemme du prisonnier européen
Personne ne peut décider à la place de Paris, surtout pas l’Europe et la BCE qui rentreraient dans un jeu très dangereux. Et tout le monde sait que les institutions européennes ne peuvent se désintéresser du cas de l'Hexagone sous peine de risquer l’implosion -
Traque des pilleurs, couvre-feu : ce qu'il faut retenir de la prise de parole de Sébastien Lecornu
Après deux jours de violences, le Premier ministre durcit le ton et n'exclut pas, si nécessaire, de recourir à l'état d'urgence. -
« Une situation inquiétante » : comment les violences de ce week-end menacent l'industrie du tourisme en France
Face aux dégradations dans de multiples métropoles, hôteliers et agences redoutent des annulations en cascade à l'aube des vacances de la Toussaint et de Noël