Amundi Londres diversifie son offre depuis le départ de Bruno Crastes
Sous la houlette de Laurent Crosnier, l’équipe britannique du gérant français impose son statut de centre de gestion des produits globaux
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Florent Berthat, à Londres
Un peu plus d’un an après le départ de Bruno Crastes, le directeur général d’Amundi Londres, et d’une partie de son équipe, le leitmotiv de son successeur, Laurent Crosnier, est l’enrichissement de l’offre. Les deux piliers de la filiale britannique du gérant français, les produits à rendement absolu, sous la marque VaR, et les obligations souveraines, ont beaucoup souffert ces dernières années. Pour résumer sa jeune histoire en quelques chiffres, l’équipe dédiée à l’origine aux obligations internationales gérait 4 milliards d’euros lors de son implantation à Londres en 1999, environ 70 milliards au plus haut mi-2007 et une vingtaine aujourd’hui.
Bruno Crastes a tiré sa révérence en avril 2010, pour créer sa propre société de gestion (H2O, filiale de Natixis GAM). Il a immédiatement été remplacé par Laurent Crosnier, alors directeur de la gestion taux euro, qui a traversé la Manche pour venir prendre les rênes d’une équipe de près d’une centaine de collaborateurs. En premier lieu, la stratégie d’investissement des fonds VaR, qui avaient fait la notoriété de la société, a été ajustée: des limites de concentration des risques plus strictes ont été définies, l’horizon d’investissement a été raccourci.
Mais surtout, «la vocation d’Amundi Londres est de gérer des portefeuilles globaux sur l’ensemble des classes d’actifs. Certaines expertises qui constituaient des moteurs de performance des produits à rendement absolu deviennent ainsi progressivement des offres à part entière», affirme Laurent Crosnier. Outre les devises, qui préexistaient, c’est le cas des actions internationales (aujourd’hui 600 millions d’euros pour cinq gérants, dont deux récemment recrutés), des obligations émergentes (souveraines et crédit, en devises fortes et en devises locales), des CTA (fonds de futures) et des obligations corporate internationales (dotées de quatre gérants, dont certains transférés de Paris). La constitution d’une offre sur le high yield global est en réflexion; pour le moment la gestion d’obligations à haut rendement d’Amundi est basée à Paris et limitée à la zone euro.
Enfin, le renforcement des moyens concerne aussi la filiale asiatique d’Amundi Londres: installée à Singapour, elle comptera dans quelques mois neuf gérants-analystes, spécialistes des marchés obligataires asiatiques.
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