Amundi et Tikehau font cause commune dans la gestion de dette privée
Le mastodonte de la gestion d’actifs élargit son offre par le biais d’un partenariat stratégique tout en entrant au capital de son nouvel allié
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Benoît Menou
David et Goliath main dans la main. Amundi, géant mondial de la gestion d’actifs, et Tikehau, jeune acteur innovant, dont les actifs sous gestion à fin 2013 sont voisins respectivement de 780 et 3 milliards d’euros, ont dévoilé hier la signature d’un partenariat stratégique centré sur la gestion de dette privée. Il s’agit de composer sur ce segment un équipage visant à offrir aux clients tant institutionnels que particuliers «des produits à forte valeur ajoutée correspondant à leurs besoins de rendement dans un contexte de marché de taux bas».
Au passage, Amundi fait son entrée au capital de Tikehau, à deux niveaux. Auprès de la société de gestion Tikehau Investment Management tout d’abord, à hauteur de 12,8%, soit au même niveau que le partenaire historique Crédit Mutuel Arkéa. Chez la structure de tête du groupe ensuite, Tikehau Capital Advisors (qui détient 58% de Tikehau IM), à hauteur de 7,3%, aux côtés des associés et d’UniCredit.
Fin 2013 déjà, Tikehau se félicitait d’avoir pu l’an dernier «s’impose(r) dans les solutions de financement en dette privée», un segment exploré depuis 2007 sur lequel la société gérait plus de 1,2 milliard d’euros après avoir levé l’an dernier 650 millions. Tikehau est l’un des deux gestionnaires, avec BNP Paribas Investment Partners, à avoir été sélectionné l’été dernier pour prendre en main les fonds Novo de Place destinés au financement des ETI et PME (un tiers pour Tikehau dans le cadre de l’un des deux fonds jumeaux).
Et bien que disposant déjà d’une offre interne de dette privée de 4 milliards d’euros, Amundi trouve naturellement ici une expertise complémentaire, conformément à la «politique d’offre» mise en avant par son directeur général Yves Perrier et soutenue par des partenariats ciblés. Tikehau, qui franchit une «étape majeure de (son) développement» aux yeux de son fondateur et président Antoine Flamarion, tirera de son côté parti de la présence commerciale mondiale de son nouvel allié, notamment auprès des fond souverains.
Les deux gestionnaires, dans l’attente de l’approbation de l’accord par l’AMF, ne cachent pas déjà leur volonté de développer de nouveaux produits sous une double marque et d’«explor(er) de futures voies de coopération dans l’ensemble de leurs domaines de compétences».
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