Amundi dévoile ses ambitions dans la gestion actions
En décembre dernier, l’arrivée chez Amundi de Romain Boscher, ancien responsable des gestions de Groupama AM, comme responsable mondial des actions, un poste créé pour l’occasion, était révélatrice des ambitions du groupe.
Huit mois après la fusion complète entre CAAM et SGAM, la société de gestion (contrôlée à 75% par Crédit Agricole et 25% par la Société Générale) a détaillé sa stratégie dans cette classe d’actifs. Elle entend collecter, hors assureurs, 7 milliards d’euros nets cette année (contre environ 5 milliards en 2010) et plus de 20 milliards d’euros d’ici à 2014. Au 31 mars, Amundi gérait 108 milliards d’euros dans ses fonds actions, sur un total de 712 milliards (15%). La réalisation de cet objectif passe par un rééquilibrage de la clientèle en faveur des investisseurs institutionnels et des zones extra-européennes.
Les chiffres au 31 mars montrent une dépendance encore forte de la gestion actions vis-à-vis des assureurs et des réseaux «maison» (Crédit Agricole, LCL, Société Générale, Crédit du Nord): ceux-ci représentent 73 milliards d’euros, soit 68% des encours. «Ces deux piliers traditionnels connaissent des courants défavorables: en prévision de Solvabilité 2, les assureurs réduisent leur exposition et la clientèle des réseaux est échaudée par une décennie perdue dans les actions», souligne Romain Boscher.
Amundi veut se développer auprès des entreprises et investisseurs institutionnels (fonds de pension, fonds souverains, etc.) et des distributeurs tiers (banques privées, family offices, etc.). Cette stratégie implique de renforcer les liens au Moyen-Orient et en Asie, où les capitaux abondent et dont «les investisseurs consacrent les deux tiers de leur allocation aux actions».
Une telle approche, déjà amorcée, suppose une organisation particulière. «Le marché connaît une mutation profonde, explique Romain Boscher. La demande ne s’exprime plus dans une approche géographique. Les clients des économies émergentes souhaitent investir indifféremment en actions domestiques, régionales ou internationales, et recherchent en priorité le rendement.» Sur les 7 milliards d’euros de collecte, les stratégies mondiales et performance absolue devraient ainsi représenter chacune 2,5 milliards, contre 2 milliards pour les stratégies régionales. Amundi a abandonné l’organisation multilocale pour un réseau intégré, qui partage la recherche, la plate-forme de négociation et les outils informatiques.
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