L’actionnariat salarié continue à progresser en Europe
Près de 94% des grandes entreprises européennes offrent un plan à leurs salariés, contre 73% en 2006, selon la FEAS. Ces derniers détiennent 3,20% du capital.
Plus que jamais l’actionnariat salarié est à l’ordre du jour en France. Le projet de loi Pacte pourrait étendre le dispositif, notamment aux PME, avec unobjectifde 10% du capital des entreprises dans les mains des salariés à moyen terme. Le gouvernement voit aussi dans l’actionnariat salarié un moyen de protéger les entreprises contre des investisseurs non désirés. Mercredi, Schneider Electric a annoncé le lancement d’une nouvelle augmentation de capital réservée aux salariés, du 1er au 7 juin, avec une décote de 15%. Elle sera ouverte à 85% des collaborateurs du groupe dans le monde (41 pays). Pour sa part, Arkema a lancé hier sa sixième opération, concernant 94% de ses salariés (31 pays). L’offre est ouverte du 9 au 22 mars, avec une décote de 20% sur le prix de référence.
Pour sa part, la Fédération européenne de l’actionnariat salarié (FEAS) se félicite d’une année 2017 record en Europe avec près de 400 milliards d’euros détenus par les salariés, soit 3,20% du capital des 2.700 plus grandes entreprises cotées et non cotées, contre 2,42% en 2006. Ce taux atteint les 6% en France. Désormais 93,5% de ces entreprises offrent des plans d’actionnariat salarié, contre 73% en 2006. La valeur moyenne de l’investissement ressort à 52.000 euros par personne (+15% depuis 2009), et à 28.000 euros (+130%) en excluant les dirigeants exécutifs. Signe de l’intérêt, des salariés et des entreprises, un tiers des sociétés ont lancé un nouveau plan l’an dernier, un nouveau plus haut, contre 23% en 2007.
Autre bonne nouvelle, le taux de démocratisation (pourcentage de salariés actionnaires sur l’ensemble des salariés) a cessé de se dégrader. Il se maintient à 21%, contre près de 25% en 2010. Une moyenne qui cache de fortes disparités. L’Europe continentale demeure sous les 20% et le Royaume-Uni au-dessus des 25% en raison des politiques incitatives outre-Manche depuis plusieurs années, alors que d’autres pays ont préféré réduire les avantages fiscaux. La France, qui avait touché un point bas à 34,5% en 2015 est remontée à 36,5% l’an dernier, mais reste encore loin des 43% de 2010.
Si les salariés siègent dans 21% des entreprises (37% en France), les actionnaires salariés ne sont admis au conseil que de 1,6% des sociétés (mais 12% en France). Les actionnaires salariés disposent des mêmes droits de vote que les autres actionnaires dans tous les pays, sauf dans six (Danemark, Suède, Finlande, Pays-Bas, Suisse, Allemagne) où leurs droits sont réduits.
Ce risque n’est encore qu’en septième position, alors que les risques humains et opérationnels (santé et sécurité) dominent dans le monde, particulièrement en Europe. Suivent les risques liés aux pertes de données et aux cyberattaques.
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