La rémunération des dirigeants restera au cœur des AG
Lors de la traditionnelle matinale de L’Hebdo des AG, les principaux proxys (ISS, Glass Lewis et Proxinvest) ont demandé des détails précis en matière de rémunérations variables (conditions de performance, taux de réalisation….). Proxinvest prévient le marché qu’il recommandera un vote négatif sur le «say on pay», consultatif pour la dernière fois cette année, si le poids des critères et le pourcentage de réalisation des objectifs ne sont pas donnés. Son analyse sera cette année plus exigeante sur les critères extra-financiers. De son côté Glass Lewis demande que les principes de rémunération soient en lien avec la stratégie de l’entreprise.
La mise en œuvre de la loi Sapin 2 sera aussi regardée de près. Les décrets d’application, attendus avant le 20 mars, devront préciser ce que doit contenir la politique de vote, sur laquelle les actionnaires voteront pour la première fois cette année. Et quand les actionnaires s’expriment, les sociétés doivent tenir compte de leurs attentes. L’an dernier, Renault, Alstom et SoLocal ont enregistré un rejet du «say on pay» et ont apporté des explications jugées non satisfaisantes par Proxinvest. Aussi le proxy s’opposera au renouvellement des membres du comité de rémunération de ces trois sociétés.
Quant au «pay for performance» d’ISS, qui compare la rémunération d’un dirigeant à celle d’un groupe de pairs, il fait toujours débat. Le proxy a proposé aux sociétés de lui soumettre leurs propres comparables, mais a été surpris du peu de réponses des groupes français. ISS ne s’engage pas pour autant à modifier son groupe de pairs. D’autant que le proxy fait le choix de 12 pairs tous européens, alors que les grands groupes français se comparent souvent à des acteurs américains. ISS explique que ses clients ne demandent pas de pairs américains. Proxinvest recommande pour sa part d’exclure les sociétés américaines des pairs, pour ne pas « importer de mauvaises pratiques». En attendant, ISS rappelle que le «pay for performance» ne déclenchera pas de recommandation de vote en 2017.
Dans le cadre de la révision de ses recommandations, l’association française de la gestion financière (AFG) demande une impulsion en matière de déontologie et d’éthique. Un sujet qui devrait monter en puissance cette année, notamment avec la prise en compte des lanceurs d’alerte. Alors que le seuil de 40% de femmes dans les conseils sera obligatoire pour les prochaines AG, l’AFG milite pour une féminisation des comités exécutifs.
Plus d'articles du même thème
-
Quand la gouvernance devient un facteur de risque
La répartition floue des rôles et l'ingérence des conseils dégradent l'efficacité et la légitimité des dirigeants. Pour y remédier, intégrer les risques socio-organisationnels dans les cartographies des risques est nécessaire, estime Nina Tarhouny, experte en gouvernance éthique et intégrité organisationnelle, fondatrice de Global Impact. -
Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
Le départ de William Kadouch-Chassaing et la nomination de Christophe Bavière à la présidence unique du directoire interviennent alors que la société d’investissement reste pénalisée en Bourse par une décote de 45 % et des interrogations sur sa stratégie. -
Le régulateur britannique pousse les fonds de pension à débusquer leur risque IA caché
Le Pensions Regulator recommande aux régimes de retraite de mener des tests de résistance sur l’exposition de leurs portefeuilles de placements à l'intelligence artificielle.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Récits du quotidien« C’est ce qu’aurait fait de Gaulle » : ce que cache la popularité de David Lisnard sur les réseaux sociaux
Le candidat libéral a vu sa notoriété gonfler sans adopter les mêmes codes de communication que les autres candidats à l’élection présidentielle -
Déjà-vuRelever le plafond du livret A pour financer la rénovation des lycées, une fausse bonne idée ?
Le gouvernement réfléchit à augmenter le maxixum pouvant êre mis sur placement préféré des Français à 30 000 euros. Une mesure qui pourrait toutefois faire chou blanc -
La Fabrique de l'OpinionGaspard Koenig : « Il est insensé que les partis du centre et de la droite ne saisissent pas l’importance systémique de l'écologie »
« A quoi bon parler des retraites ou de la croissance si notre milieu devient invivable, si les sols sont infertiles et les rivières asséchées ? Si les libéraux sont fidèles à l’ouverture intellectuelle et au respect de la science qu’ils revendiquent, les faits devraient les obliger »