Les banques françaises pressent le pas face à la concurrence numérique
Les prises de participations majoritaires sont encore rares dans la fintech française. Hier, BNP Paribas a marqué un tournant en rachetant 95% du capital de la Financière des paiements (FPE), qui distribue le Compte-Nickel. «C’est une bonne démonstration de la maturité du marché des fintechs, observe Fabrice Odent, associé chez KPMG. Depuis trois ans, les démarches des banques se sont beaucoup structurées. L’opération de ce mardi devrait encore accélérer les choses.»
Il s’agit seulement du deuxième gros rachat d’une néo-banque par une banque classique, après celui de la fintech allemande Fidor par BPCE l’été dernier. Ce coup d’accélérateur coïncide avec l’offensive de concurrents de taille. Orange lancera mi-mai dans son réseau une offre de banque mobile. Carrefour vend désormais un compte courant dans ses 3.000 magasins. La filiale bancaire d’Auchan, Oney, et celle de Leclerc, Banque Edel, développent aussi des innovations dans les paiements, respectivement avec le portefeuille électronique Fivory et la fintech Morning. Autant de nouveaux concurrents, qui, à la différence des start-up et des banques en ligne, disposent de leur propre réseau de distribution. «La banque en ligne était un facilitateur de communication et d’accès pour les clients mais ne suffisait pas forcément en termes d’innovation, explique Fabrice Odent. En Suède par exemple, les opérations bancaires simples peuvent être traitées dans les supérettes». Ainsi, «l’opération de BNP Paribas est intéressante car elle allie technologie innovante, réseau de distribution [des buralistes] et grandes ambitions commerciales».
Jusqu’à présent, les banques françaises ont été plutôt prudentes. Mis à part le fonds d’investissement dans les fintechs de Seventure chez Natixis, elles n’ont pas lancé de fonds de capital-risque dédié au secteur, préférant investir en direct, souvent en minoritaire, ou développer des incubateurs, tels Le Village by CA du Crédit Agricole, Fintech Accelerator by L’Atelier de BNP Paribas, ou encore B612 de la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes.
Le Crédit Mutuel Arkéa a longtemps fait figure de pionnier : dès 2011, il a pris des parts dans le site de crowdlending Prêt d’Union (devenu Younited Credit). En 2012, il a investi dans l’agrégateur Linxo, où l’a rejoint le Crédit Agricole en janvier 2016. En 2015, il a acheté pour 50 millions d’euros 86% de la cagnotte en ligne Leetchi. De son côté, BPCE a multiplié les acquisitions dans les paiements via sa filiale S-Money.
Plus d'articles du même thème
-
Le Gafi alerte sur l’industrialisation de la cyberfraude et le recours aux cryptos
Le Groupe d’action financière alerte sur les mécanismes criminels qui permettent de convertir du cash en stablecoins puis en cryptos pour brouiller les pistes. -
Goldman Sachs nomme trois associés à Paris et 19 en Asie
La banque américaine a dévoilé sa traditionnelle promotion bisannuelle de «partners». Londres et New York continuent à concentrer le plus de nominations mais l’Asie, via Hong Kong et Singapour, monte en puissance tandis que la France reste en tête dans l’Union européenne. -
Les banques conservent d'importants points d'ancrage avec les énergies fossiles
Si certains établissements amorcent un désengagement, la transition reste freinée par des intérêts économiques et des divergences politiques. Selon Reclaim Finance, depuis 2016, les 65 principales banques mondiales ont accordé près de 8.700 milliards de dollars de financements aux énergies fossiles.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre