Innovation financière

S-money, l’atout de BPCE pour créer le paiement du futur

le 13/02/2014 L'AGEFI Hebdo

Dilizi, la nouvelle solution d’encaissement mobile, s’appuie sur la plate-forme S-money, le porte-monnaie électronique qui sert de socle à d’autres services à venir.

Ca y est ! Une offre bancaire d’encaissement mobile est disponible en France : il s’agit de Dilizi, un produit proposé par les deux réseaux de BPCE, qui permet à tous les commerçants d’accepter les paiements par carte bancaire en proximité, mais aussi par chèque ou en espèces.

L’offre repose sur un boîtier lecteur de carte bancaire qui communique en bluetooth avec le smartphone du commerçant, mais sa valeur ajoutée dépasse le simple paiement. Elle réside aussi dans l’application de caisse qui permet à l’usager d’intégrer son catalogue produits, de conserver l’historique des transactions, y compris par vendeur, de disposer d’un tableau de bord avec graphiques et d’un module de gestion de la relation clients. Ultérieurement, d’autres services seront ajoutés, comme l’acceptation d’autres moyens de paiement, à l’instar de S-money par exemple. Ce qui n’est pas un hasard.

Pour rappel, S-money est le porte-monnaie électronique mobile lancé par BPCE en 2012 dans quatre villes tests, avec pour particularité de faire converger les usages : paiement de proximité en magasin, paiement en mobilité (taxi, livraison à domicile), paiement en ligne et transfert d’argent de personne à personne (P2P). Si l’objectif de départ, généraliser l’offre à tout le territoire en 2013, était un peu élevé, BPCE a préféré se focaliser sur les attentes des commerçants et des consommateurs. S-money est ainsi devenu « le socle fonctionnel digital adapté au paiement mobile, l’incubateur, une plate-forme agile du groupe BPCE », selon Nicolas Chatillon, directeur général de S-money. En clair, cet établissement de monnaie électronique, qui collabore étroitement avec Natixis Paiements et les deux réseaux BPCE, constitue désormais le laboratoire de l’innovation du groupe et Dilizi est sa première réalisation concrète, là où d’autres banques ont simplement annoncé des offres similaires à venir.

Ajuster les usages

Pour parvenir à ce résultat, S-money a dû s’affranchir des méthodes de travail traditionnelles de la banque pour accélérer les processus de développement et monter son offre maison (hormis le boîtier acheté à un fabricant) en un peu plus de quatre mois. Et ce n’est qu’un début. L’équipe de S-money, une trentaine de personnes, observe et teste en parallèle de multiples technologies. « Le paiement mobile est un marché encore en construction, estime Olivier Tilloy, directeur des opérations de S-money. Notre plate-forme nous permet de travailler sur de nouveaux parcours de paiement en utilisant toutes les technologies à disposition : le NFC (sans contact), les QR codes... » Celle-ci étant développée, reste à imaginer les usages.

Si la collaboration avec les commerçants a rapidement débouché sur Dilizi, celle avec les étudiants a permis d’adapter S-money à leurs besoins : le paiement de personne à personne ainsi que les paiements aux associations lors des adhésions ou des ventes de billets pour les soirées étudiantes, avec gestion du stock de places. « La ‘customisation’ affinitaire est nécessaire, souligne Nicolas Chatillon, c’est la valeur ajoutée autour du paiement qui rend l’offre intéressante. » Le contact avec les utilisateurs a permis notamment de simplifier le processus d’enrôlement ou d’adapter la présentation de l’historique des transactions dans un « fil d’actualité ».

La collaboration avec des grands comptes devrait déboucher prochainement sur de nouveaux cas d’usages pour les étudiants ou certains métiers. Une expérimentation sur la télévision interactive a été réalisée avec France Télévisions et la start-up Click-On : un pop-up apparaissant durant une émission ou une publicité propose au téléspectateur de cliquer pour acheter un produit directement en utilisant S-money, avec débouclage de la transaction sur le smartphone du client. Les équipes de S-money travaillent également sur le Beacon, un dispositif qui permet de reconnaître un client entrant dans un magasin grâce à son téléphone et, éventuellement, de lui faire payer ses achats sans passer par la caisse. Toutes les idées ne déboucheront peut-être pas sur de nouvelles offres mais avec S-money, BPCE tient son moteur d’innovation pour au moins trois ans.

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