La régulation MIF 2 pourrait nuire au développement de l’analyse financière
Les acteurs de marchés européens redoutent que la nouvelle régulation MIF2 nuise au développement de l’analyse financière, notamment sur les PME. Ils s’élèvent contre la position de l’autorité européenne de régulation des marchés (Esma) qui considère que les gérants doivent payer eux-mêmes une partie de la recherche.
Dans une consultation qui s’est terminée cet été, l’Esma estime qu’une partie de la recherche et notamment celle qui n’est pas «distribuée largement» est un «avantage en nature important» qui ne profite pas directement aux clients. A ce titre, elle ne devrait pas leur être facturée via les commissions de courtage. «Des gestionnaires d’actifs pourraient considérer qu’ils ne peuvent pas payer pour la recherche sans augmenter leurs frais de gestion», prévient Christian Krohn, du lobby des banques et des courtiers, AFME. «Il pourrait aussi y avoir une réduction du champ couvert par la recherche, ce qui impacterait l’accès des entreprises aux marchés de capitaux».
Consulté, le groupe des participants de marchés de l’Esma, qui rassemble des représentants des consommateurs, des financiers et des universitaires, estime que la proposition «aurait des conséquences graves pour la recherche sur les PME». Il va jusqu’à demander au régulateur de renoncer à sa proposition. «Nous partageons leur opposition à 100%», affirme Robert Buller, responsable de la gestion de la relation clientèle pour le courtier Kepler Chevreux, actif sur la recherche sur les PME. Les gestionnaires d’actifs français sont aussi sur la brèche. La proposition de l’Esma «favoriserait par contre-coup la gestion indicielle qui n’a pas besoin de recherche», explique Arabelle Conte, de l’Association française de la gestion financière. «Nous sommes vraiment inquiets», souligne-t-elle.
D’autres soutiennent que la régulation française existante suffit largement : «Le système de commissions de courtage partagées répond au souci de gérer d’éventuels conflits d’intérêts car il découple la rémunération de la recherche de celle allouée à l’exécution», selon Emmanuel de Fournoux, à l’Association française des marchés financiers.
L’Autorité des marchés financiers considère que la proposition pourrait menacer l’analyse financière, notamment sur les PME et que cette question ne doit pas être traitée dans MIF2. Son homologue britannique, la Financial Conduct Authority, a au contraire soutenu l’Esma dans une consultation publiée récemment. L’autorité européenne doit clarifier sa position d’ici à la fin de l’année.
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