Goldman Sachs croit au potentiel du registre distribué dans le secteur financier
Pour Martin Chavez, chief information officer de la banque américaine, le principe semble prometteur pour les marchés du repo et des prêts commerciaux.
Publié le
Antoine Duroyon
Goldman Sachs compte 30% d'ingénieurs parmi ses employés.
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Photo Bloomberg.
En l’espace de cinq ans, l’investissement moyen nécessaire à un fonds de la Silicon Valley pour hisser une start-up de la phase de démarrage au seuil de rentabilité est passé de 50 à 5 millions de dollars. «Il s’est littéralement effondré», souligne Martin Chavez, chief information officer de Goldman Sachs, qui cite les effets de trois facteurs : le logiciel libre, l’informatique en nuage (plate-forme cloud) et les interfaces de programmation (API).
Des bouleversements qui touchent également Goldman Sachs, poids lourd des technologies financières. La banque américaine compte 30% d’ingénieurs et 200 millions de lignes de code développées en interne (sur un total de 1,5 milliard). Elle a d’ailleurs investi dans Symphony, un système de messagerie sécurisé open source.
Puissance de calcul
«Nous faisons beaucoup plus aujourd’hui qu’il y a dix ans avec le même volume de dépenses», explique Martin Chavez, de passage à Paris cette semaine. Et cela alors que les exigences en termes de capacités de traitement ont explosé. Les tests de résistance de la Fed (CCAR) imposent ainsi des projections de l’activité sur les dix-huit mois à venir, ce qui nécessite un nombre considérable de calculs informatiques. Ce mouvement peut-il encore s’accentuer ? Martin Chavez entrevoit deux issues possibles. «Soit nous tombons à 10% de nos dépenses actuelles avec un impact considérable sur le RoE, soit nous continuons à dépenser le même montant mais avec une productivité et des revenus accrus», anticipe Martin Chavez.
Qu’en est-il de la Blockchain ? Si la technologie qui sous-tend le bitcoin souffre d’un déficit de gouvernance et de lourdes contraintes techniques (temps de traitement, consommation électrique...), le principe du livre de compte distribué (distributed ledger) est promis à un brillant avenir, estime Martin Chavez. Plus souple que la Blockchain du bitcoin, cette architecture semble parfaitement appropriée au secteur financier qui repose déjà sur «un cercle d’intermédiaires de confiance». Selon le CIO, les applications les plus prometteuses concernent le marché du repo mais aussi celui des prêts commerciaux dont les délais de règlement peuvent s'étaler de 30 à 90 jours ouvrables. Goldman Sachs fait partie du consortium R3 qui planche sur les usages du registre distribué dans le secteur financier.
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