La volonté de Bercy de développer les bons de caisse intéresse les professionnels
Ces outils faciliteraient les prêts entre entreprises. Leur développement pourrait cependant obliger à revoir les règles de la finance participative.
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Solenn Poullennec
Les représentants des PME et du financement participatif accueillent avec intérêt le fait que le gouvernement souhaite encourager le développement des bons de caisse pour faciliter les prêts entre les entreprises. En début de semaine, les députés ont adopté un amendement à la loi Macron déposé par le gouvernement qui autorise ce dernier à prendre des mesures par ordonnance pour «permettre le développement de l’intermédiation de ces bons dans le cadre du financement participatif». Les bons de caisse sont des engagements à rembourser émis par des sociétés en échange d’un prêt. Ils peuvent être souscrits pour un maximum de 5 ans.
L’initiative du gouvernement «est une bonne chose dans la mesure où on est en train de doter nos entreprises d’une palette d’outils de financement des PME», réagit Bernard Cohen-Hadad à la CGPME. «Certains vous diront que c’est un vieux machin, mais il a résisté à l’épreuve du temps ce qui prouve son utilité», explique Nicolas Lesur, fondateur de la plate-forme de financement participatif Unilend, qui utilise déjà les bons de caisse.
«Quand vous êtes une PME, c’est un outil qui est très approprié et qui est plus accessible que d’autres», ajoute-t-il en précisant cependant que les bons de caisse ne sont pas ouverts à tous les types de professionnels. A ses yeux, «des choses pourraient être améliorées : le fait que [le bon de caisse] ne soit pas dématérialisé pourrait être une voie de réflexion».
Adrien Wiart, directeur général de Finsquare, plate-forme de financement participatif de crédits court terme pour les professionnels, est plus prudent : «C’est une opportunité, mais cela peut représenter une instabilité du cadre réglementaire», prévient-il en rappelant que les acteurs de la finance participative viennent d’être encadrés en octobre dernier. Il souligne que le statut d’intermédiaire en financement participatif (IFP) limite les prêts des internautes à 1.000 euros par projet alors que les bons de caisse sont sans limite de montant. «L’idée est que les IFP puissent utiliser les bons de caisse», indique-t-on cependant à Bercy, où l’on souhaite par ailleurs renforcer la régulation de ces outils de financement.
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