Le marché des LBO a reculé de 20 % en Europe l’an dernier
La France a perdu sa première place de 2011 au profit du Royaume-Uni. Les cessions ont dépassé les nouveaux investissements
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Amélie Laurin
Avec 95 opérations totalisant 6,2 milliards d’euros, contre 15 milliards en 2011, la France a perdu de son attractivité pour les fonds de capital-investissement. Selon une étude du Center for Management Buy-out Research (CMBOR), elle rend au Royaume-Uni la première place européenne des rachats par effet de levier (LBO), raflée de justesse en 2011, et revient en troisième position derrière l’Allemagne, comme en 2009. A l’échelle européenne aussi, le marché s’est replié. Le nombre de transactions a baissé de 11% (de 610 à 544) et leur valeur a chuté de 21 %, à 49,5 milliards d’euros. Soit le niveau le plus bas depuis le creux de 2009.
La situation économique et les difficultés des banques européennes ont découragé certains investisseurs ou rallongé les transactions, surtout en zone euro. La part de la dette dans les acquisitions de plus de 100 millions d’euros est ainsi passée de 44 % à 38 % l’an dernier. La France a en outre pâti de l’attentisme lié à l’élection présidentielle et des craintes de suppression de la déductibilité des intérêts d’emprunt des LBO, finalement seulement plafonnée dans le projet de loi de finances 2013.
Le Royaume-Uni en a profité. Avec 189 transactions pour 19,4 milliards d’euros, il a concentré 39 % de l’activité, contre 23 % en 2011. Et encore, CMBOR ne comptabilise par le LBO de Terra Firma sur Annington Homes, un parc de 40.000 logements ayant appartenu au ministère de la défense britannique. Cette opération immobilière de 3,2 milliards de livres (3,8 milliards d’euros) devance deux LBO de 1,8 milliard d’euros datant du premier semestre: le rachat de BSN Medical par EQT Partners en Allemagne et celui d’Ahlsell en Suède par CVC Partners.
A l’échelle du continent, les cessions d’actifs se sont élevées à 51,3 milliards d’euros. «Pour la troisième année consécutive, les sorties ont dépassé les nouveaux investissements. C’est une bonne nouvelle mais les investisseurs en capital ont encore dans leurs livres un grand nombre d’actifs qui ont dépassé leur durée de détention traditionnelle», pointe Sachin Date, responsable européen du private equity chez Ernst & Young, qui sponsorise l’étude de CMBOR avec Equistone Partners Europe.
La situation serait néanmoins «sous contrôle», car le nombre de liquidations de sociétés a diminué d’un tiers par rapport à 2009. CMBOR en recense 37, le niveau le plus faible depuis 1996.
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