L’OCDE dresse un tableau économique nuancé de la France

le 14/09/2017

L'Organisation de coopération et de développement économiques revoit en hausse ses anticipations pour le PIB, mais maintient ses attentes sur le déficit public.

L’OCDE dresse un tableau économique nuancé de la France
(Photo UE Parlement Européen.)

Dans un rapport sur l'économie française publié jeudi, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) revoit en hausse ses anticipations pour le PIB, mais maintient ses attentes sur le déficit public.

Le PIB progresserait de 1,7% cette année, puis 1,6% l'an prochain. Elle relève ainsi de respectivement 0,4 et 0,1 point ses précédentes projections, qui remontaient à juin. L'OCDE est légèrement plus optimiste que le gouvernement, qui a établi sa prévision à +1,6%. Mais elle est plus pessimiste sur 2018, la trajectoire des finances publiques du quinquennat dévoilée en juillet tablant sur une croissance de 1,7%.

Quant au déficit public, il devrait se situer à 3% du PIB fin 2017. Il ne diminuerait que légèrement l'an prochain, à 2,9% (contre 2,8% prévu auparavant). Le gouvernement entend le ramener à 3% du PIB cette année, soit 0,4 point de moins qu'en 2016, puis à 2,7% l'an prochain.

Paradoxalement l'étude de l'OCDE ne chiffre pas l'impact des réformes annoncées par le nouvel exécutif, qui s'inspirent des promesses électorales d'Emmanuel Macron et répondent en partie aux recommandations traditionnelles de l'organisation pour remédier aux maux de l'économie hexagonale. Elle insiste sur la nécessité de mener une "stratégie de long terme pour réduire les dépenses publiques sans mettre en péril la protection sociale afin de baisser les impôts tout en assurant la soutenabilité des finances publiques".

Officiellement, la trajectoire des finances publiques sur le quinquennat publiée en juillet, qui vise à ramener le déficit public à 0,5% du PIB en 2022 et que le Fonds monétaire international (FMI) a jugé "adéquate", répond à ces préconisations.

L'OCDE, tout comme le FMI, souligne que la France, dont l'âge effectif de sortie du travail est le plus bas des économies avancées, devra augmenter encore l'âge légal de départ à la retraite, pour réduire le poids des dépenses publiques. A ce stade, le gouvernement ne prévoit pas de mesure d'âge dans la réforme des retraites qu'il envisage, annoncée pour l'an prochain et qui repose sur une unification des différents régimes et la création d'un système par points.

La révision en baisse, juste avant l'été, des projections du COR (Comité d'orientation des retraites), qui repousse au début des années 2040 l'équilibre du système français, pourrait changer la donne sur ce point.

A l'inverse, l'exécutif a déjà prévu d'agir sur les autres recommandations de l'OCDE, comme abaisser l'importante masse salariale de la fonction publique, s'attaquer à l'inefficacité des dépenses publiques en simplifiant le "millefeuille administratif" des collectivités territoriales, ou réduire les moyens importants d'une politique du logement peu efficace.

Concernant le chômage, l'OCDE table sur un taux de 9,5% pour la France entière fin 2017, puis 9,3% en 2018, soit 0,2 et 0,3 point de moins que prévu précédemment.

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