L’arrivée en tête d’Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle française, devant Marine Le Pen, apaise lundi matin une grande partie des tensions qui paralysaient les marchés financiers depuis plusieurs semaines.
A Paris, le CAC 40 a ouvert en hausse de 2,08% à 5.201 points avant de progresser de 3,9% peu avant 11h. Sur les marchés de taux, l'écart de rendement entre les obligations d’Etat françaises et allemandes à dix ans tombe à 40 points de base, un point bas atteint pour la dernière fois peu après les élections américaines en novembre, à comparer à 66 points de base vendredi. Le rendement de l’OAT à dix ans recule de 11,5 points de base et celui du Bund à dix ans se replie de près de 10 points de base, d’après les données de Tradeweb.
Le secteur bancaire est l’un des principaux gagnants du vote du premier tour qui place Emmanuel Macron en position favorable pour emporter l’élection présidentielle. A l’ouverture, l’action de la Société Générale bondissait de 10,17%, BNP Paribas de 7,94%, et Crédit Agricole de 10,46%. En milieu de matinée ces banques affichaient toujours des progressions comprises entre 6% et 9,5%. Selon Deutsche Bank, la probabilité d’une victoire d’Emmanuel Macron au second tour devant la candidate du Front national se chiffre à 80%. Dans ce contexte, les analystes de la banque allemande indiquent qu’ils comptent augmenter leur exposition à l’indice EuroStoxx des banques. Bankia, BNP Paribas, Crédit agricole, KBC et ING figurent parmi leurs valeurs bancaires favorites.
À l'échelle européenne, la préservation du modèle européen à travers le bon score d’Emmanuel Macron est saluée. A Francfort, le Dax gagne 2,5% et à Londres, le FTSE prend 1,6%. L’indice EuroStoxx 50 de la zone euro progresse de 3,37%, le FTSEurofirst 300 avance de 1,7% et le Stoxx 600 s’adjuge 1,6%. A l’instar des banques françaises, l’ensemble du compartiment est plébiscité. Le Stoxx 600 des banques bondit de 3,79% et celui des banques de la zone euro grimpe de 6%.
De leur côté, les analystes de Kepler Cheuvreux ont relevé leur recommandation sur les banques européennes à « surpondérer » contre neutre » auparavant. « Les signes persistants d’une amélioration de l’activité économique en Europe, le relèvement attendu des anticipations d’inflation et la levée du risque entourant l'élection française devraient conduire à une remontée des rendements obligataires de long terme et à une surperformance corrélée des valeurs bancaires », indiquent-ils dans une note. Les analystes ont introduit Société générale parmi leurs valeurs préférées au détriment de Santander.
Les analystes de Citigroup s’attendent également à ce qu’Emmanuel Macron devienne le prochain président de la République, un scénario favorable au retour du risque sur les actions européennes. Les valeurs bancaires devraient profiter de la réduction de la prime de risque politique, estiment-ils.
Intention est donnée à MPS, objet des convoitises d'Intesa, de retourner la situation en lançant une offre sur Banco BPM. Dans tous les cas, la banque verte, premier actionnaire de Banco BPM avec une participation affleurant les 30%, reste discrète mais aura son mot à dire.
Comme le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel Alliance Fédérale, la filiale bancaire du groupe La Poste bénéficie à plein de la configuration des taux, alors que la contribution de CNP Assurances marque le pas.
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