En empruntant auprès de la banque centrale, le groupe helvète veut rassurer sur sa liquidité. Mais l’issue d’une prise de contrôle par UBS ne peut plus être écartée.
La correction des derniers jours n'a fait qu'effacer les gains du secteur bancaire européen depuis le début de l'année. Mais la thèse d'investissement basée sur les bénéfices des hausses de taux et l'absence de récession en 2023 ne tient plus à court terme.
Depuis 2020, Credit Suisse est passé du statut de banque prestigieuse à celui de mouton noir de la finance européenne. Chronique d’une chute vertigineuse.
Des déclarations de l'actionnaire saoudien de Credit Suisse ont mis le feu aux poudres. Tout le secteur bancaire plonge en Bourse, à l'image de BNP Paribas et Société Générale en baisse de plus de 10%. Wall Street est aussi dans le rouge.
Tous les actifs de SVB ont été transférés au sein d’une nouvelle banque temporaire sous le contrôle de l’agence fédérale d’assurance des dépôts, en attendant d’être vendus ou liquidés.
Les banques européennes sont, pour la plupart, couvertes contre le risque de taux. Ce qui n’exclut pas des maillons faibles parmi les petits établissements.
La chute de la banque californienne constitue un cas d'école de mauvaise gestion. Mais elle traduit aussi la violence d'un changement de régime de taux d'intérêt qui affecte l'ensemble du système financier.
En réaction au choc SVB, son dispositif pour sauver les banques américaines s’apparente aux facilités déployées pendant le Covid, et à une forme de quantitative easing (QE).
Le secteur bancaire continue d’être durement touché par les craintes de répercussions de la défaillance de la Silicon Valley Bank. Les taux souverains chutent également.
Les nombreuses start-up clientes de la banque américaine en faillite pourront accéder à leur argent, ont assuré la secrétaire au Trésor et le président de Fed. HSBC a de son coté annoncé la reprise de la filiale britannique de la Silicon Valley Bank pour une livre sterling.
Les fintechs ont déjà pris 10% du marché des paiements. Face à cette concurrence, 94% des banques cherchent à investir dans les technologies innovantes selon une enquête Finastra/Aite-Novarica.
La banque californienne spécialisée dans le financement des start-up soutenues par des fonds de capital-risque a fermé ses portes vendredi. Ses difficultés ont fait craindre un risque de contagion.