Benoît Cœuré milite pour les monnaies digitales de banque centrale

le 10/09/2021 L'AGEFI Quotidien / Edition de 18H

Benoît Cœuré milite pour les monnaies digitales de banque centrale

Le message est clair. Alors que la pandémie a accéléré la numérisation de l’économie et en particulier le secteur des paiements, la Banque des règlements internationaux (BRI) continue de croire en l’intérêt des monnaies digitales de banque centrale (MDBC). C’est ce qu’a encore martelé vendredi le responsable du pôle innovation de l’institution, Benoît Cœuré, à l’occasion du forum financier Eurofi à Ljubljana : « la monnaie de banque centrale présente des avantages uniques - sécurité, finalité, liquidité et intégrité. À mesure que nos économies se numérisent, elles doivent continuer à bénéficier de ces avantages ».

Face aux défis posés par les évolutions récentes des entreprises privées dans le domaine mais aussi de la finance décentralisée, l’économiste estime que « la MDBC fera partie de la réponse. Une MDBC bien conçue sera un moyen de paiement et un actif de règlement sûrs et neutres, servant de plate-forme interopérable commune autour de laquelle le nouvel écosystème de paiement pourra s'organiser ». 

Tout en listant les problèmes liés aux monnaies numériques et à la finance décentralisée pour les banques commerciales (réglementaire, concurrence, pouvoir de marché, confidentialité), il a aussi reconnu que les MDBC soulèvent des inquiétudes pour les banques en ce qui concerne les dépôts et les clients.

Les atouts de l’Union européenne 

C’est pourquoi, « le temps est venu pour les banques centrales de se mettre au travail. Nous devrions retrousser nos manches et accélérer nos travaux sur les détails de la conception des MDBC ». Alors qu’il faudra des années avant de les déployer, tandis que les monnaies numériques sont déjà en circulation, ces MDBC font notamment face à trois besoins : une utilisation pratique mais respectueuse de la vie privée par les consommateurs, un respect de la recherche de la stabilité monétaire et financière dans les politiques publiques et la sureté et l’efficience de la technologie. « Le produit idéal se situe à l'intersection de la désirabilité, de la viabilité et de la faisabilité », résume Benoît Cœuré. 

Pour le moment, seule la Banque Populaire de Chine s’est lancée dans la phase concrète de développement. La Banque de France continue quant à elle d’avancer dans ses tests. Pourtant, l’Union européenne possède des atouts incontestables pour l’ancien membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE) : « L'Union européenne est idéalement placée pour faire face à l'avenir. Vous pouvez vous appuyer sur un système de paiement rapide de pointe, sur les solides protections offertes par le règlement général sur la protection des données et sur la philosophie ouverte de la deuxième directive sur les services de paiement. »

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