Le HCSF impose aux banques une surcharge en fonds propres
Réuni hier sous la présidence du ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) a actualisé son diagnostic des risques et des vulnérabilités susceptibles de peser sur le secteur financier en France. Constatant «la poursuite de l’accélération du cycle financier», le HCSF a décidé d’adopter la proposition du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, de relever à 0,25% le taux du coussin contracyclique, une disposition prévue par les directives européennes entrées en vigueur depuis la crise financière.
Cette surcharge en fonds propres portera sur «0,25% des actifs pondérés par les risques» sur les expositions françaises des banques, précise le HCSF. Ces dernières auront théoriquement douze mois à compter du 1er juillet pour appliquer cette mesure qui sera notifiée à la Banque centrale européenne (BCE). Les banques françaises présentant toutes un niveau de fonds propres au-dessus des exigences réglementaires, dans une proportion supérieure à la surcharge en question, elles ne seront pas obligées de lever des capitaux pour s’y conformer.
Les autorités financières s’inquiètent du fait que la dette privée française représentait 130,2% du PIB à fin 2017, soit le niveau le plus élevé des grands pays de la zone euro. La progression du crédit aux acteurs privés a encore atteint 5,5% au premier trimestre en France, un rythme sans rapport avec la croissance de l'économie. Le HCSF a également noté «un appétit pour le risque élevé» sur les marchés financiers, avec notamment une forte croissance des opérations de LBO au cours des derniers trimestres.
Avant même que la décision d’activer ce coussin de fonds propres soit rendue publique, Bruno Le Maire indiquait que ceci n’aurait «aucun impact sur le financement des PME et aucun impact sur le financement de l'économie française». Cette mesure préventive vise à éviter un arrêt du crédit lors d’un futur retournement de cycle.
La Fédération bancaire française, par la voix de sa directrice générale Marie-Anne Barbat-Layani, a néanmoins déploré une décision que «les banques ne comprennent pas». Indiquant que «le crédit en France est particulièrement sûr, comme en attestent la baisse du coût du risque et un taux de crédit douteux très bas», elle a ajouté que la Fédération souhaitait avant tout «confirmer à nos clients l’engagement indéfectible des banques à les accompagner».
Plus d'articles du même thème
-
Le rapport sur la Stratégie d’investissement de détail a été adopté en commission économique du Parlement européen
Le rapport sur la Stratégie d’investissement de détail (Retail Investment Strategy, RIS), porté par Stéphanie Yon-Courtin, députée européenne et Coordinatrice du groupe Renew Europe à la commission des Affaires économiques et monétaires (ECON), a été adopté ce 23 juin en commission ECON du Parlement européen. -
Bpifrance innove avec les premières obligations ESN dédiées aux PME
La banque publique a réussi le 9 juin une émission inaugurale stratégique d’«European Secured Note» (ESN). Ce programme-test pourrait ouvrir une nouvelle voie dans le financement des PME, si important pour la Commission européenne dans le cadre de l’Union des marchés de capitaux. -
Un homme politique peut divulguer une information privilégiée, sous conditions
La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a estimé que la liberté d’expression dans les médias peut s’appliquer à un politique, si cette information nourrit un débat public sur une question d’intérêt général, sous réserve de ne pas tirer avantage de cette divulgation et de ne pas induire intentionnellement le marché en erreur.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
- Nickel lance un compte pour les pros
Contenu de nos partenaires
-
Heure de véritéCures thermales : vers une première évaluation sous haute pression
Conventionné depuis 1947, le thermalisme essuie régulièrement des tentatives de déremboursement, qui se fondent jusqu'ici sur une absence de preuves médicales indépendantes -
Peur du videMinistres recherchent députés désespérément
L'Assemblée nationale pâtit d'un manque de mobilisation depuis la dissolution. A mesure que l'élection présidentielle approche, le phénomène s'accroît, laissant les membres du gouvernement sans relais pour voter leurs textes -
Levée de fondsLe pari de Giorgia Meloni pour faire payer son plan logement au privé
Face à une crise devenue urgente dans les grandes villes, le gouvernement promet de mobiliser 10 milliards d’euros en dix ans pour créer 100 000 habitations. Mais l’essentiel du dispositif repose sur des investisseurs privés déjà sceptiques