L’AMF dénonce la lenteur de l’émergence d’une supervision européenne
Lors de la présentation du rapport annuel de l’AMF, son président, Robert Ophèle, a insisté sur la nécessité de faire émerger une supervision européenne. Lerégulateur français milite pour un renforcement de l’autorité européenne des marchés financiers (Esma), comme autorité effectivement capable d’imposer aux autorités nationales une mise en œuvre homogène de règles communes. La Commission européenne va dans ce sens en proposant, dans le cadre des réformes des autorités de supervision, d’améliorer la gouvernance de l’Esma et de renforcer ses pouvoirs et ses moyens. Mais Robert Ophèle craint que ces réformes, qui devraient aboutir en fin d’année, soient limitées, les pays membres préférant un statu quo confortant leur légitimité nationale.
Quant à MIF 2, l’AMF dresse un bilan en demi-teinte. Perplexe, le régulateur constate que la réduction de la place des opérations OTC et des dark pools s’est faite au bénéfice des internalisateurs systématiques et des plates-formes arrangeant des opérations bilatérales via des transactions hors marché rapportées au marché ou via des «periodic auctions», et non au profit des plates-formes réglementées. «Je ne suis pas certain que la transparence des marchés y ait gagné», conclut Robert Ophèle, invitant à travailler avec l’industrie pour analyser et améliorer la structure des marchés.
Comme chaque année, l’AMF alerte aussi les pouvoirs publics sur son équilibre budgétaire. Le régulateur a clôturé l’exercice 2017 en perte nette de 7 millions d’euros, après -2 millions en 2016, notamment en raison de dépenses accrues en personnel et en informatique. Si l’AMF collecte 110 millions d’euros de contributions de ses assujettis, elle n’est autorisée à en conserver que 94 millions, alors que ses charges dépassent les 100 millions. Une situation «inacceptable» pour Robert Ophèle, rappelant que l’AMF dispose de moyens inférieurs à ceux de ses homologues étrangers. L’Etat autorisant maintenant le régulateur à recevoir des contributions volontaires pour financer des projets d’intérêt commun, l’AMF a signé une convention avec l’AFG qui lui versera 6 millions par an sur 2018-2022 au titre de la modernisation de l’outil d’interface avec les sociétés de gestion (projet Bio 3). De quoi tout juste atteindre l’équilibre financier. Aussi, dans le cadre du prochain projet loi de finances, l’AMF compte bien obtenir un relèvement de son plafond de ressources avec une trajectoire pluriannuelle.
Plus d'articles du même thème
-
Tributaire du calendrier européen, la « retail investment strategy » se fait attendre
Adoptée en commission ECON du Parlement européen en juin dernier, la stratégie d’investissement de détail (RIS) poursuit son parcours législatif sans calendrier clairement établi. Entre standards techniques encore en préparation et révision de plusieurs textes réglementaires, la réforme pourrait ne pas entrer en application au niveau national avant 2029. -
L’Indonésie se réforme afin de retrouver les faveurs des investisseurs
La décision de MSCI de classer le pays en catégorie marché autonome a provoqué un effondrement de la Bourse, auquel les autorités financières font face en instaurant davantage de contrôles et de nouvelles règles plus strictes. -
L’Europe se prépare au difficile passage du règlement-livraison en un jour
Programmé pour le 11 octobre 2027 afin de s’aligner sur Wall Street, le passage des marchés financiers européens à un règlement-livraison des titres en un jour au lieu de deux a rallié les professionnels malgré la complexité de sa mise en œuvre.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
Contenu de nos partenaires
-
Mobilisation du 31 octobre : les premiers cortèges commencent à s’élancer
Près de 150 défilés sont prévus en France pour la défense du pouvoir d’achat. Les autorités ont mobilisé 70 000 policiers et gendarmes pour assurer l’ordre public. La manifestation parisienne sera particulièrement scrutée -
Flavio Bolsonaro affirme avoir quitté le Brésil afin de fuir une « persécution »
Après sa défaite à l'élection présidentielle brésilienne, Flavio Bolsonaro a légitimé sa fuite du Brésil. « La persécution a commencé même plus tôt que je ne l’imaginais », a assuré le sénateur lors d’un direct sur Instagram -
Guerre en Ukraine : Kiev s’inquiète de la date de livraison des 500 missiles Patriot américains
Si l’administration Trump a donné son go à la vente de 500 missiles intercepteurs Patriot à Kiev, la date de livraison interroge. « Il a été précisé que les livraisons ne pourront commencer que dans quelques années », a indiqué, vendredi 30 octobre au soir, Volodymyr Zelensky