Private equity, gare au choc fiscal !
Mieux vaut faire envie que pitié, mais pas trop tout de même. Le formidable essor du private equity, une industrie qui sait facturer son expertise pour le plus grand bonheur de ses managers (lire le Dossier), suscite la légitime convoitise des pouvoirs publics. En ces temps de déficits excessifs, le débat sur la juste taxation des professionnels de l’investissement fait un retour en force. Aux Etats-Unis tout d’abord, où la candidate Kamala Harris promet de relever l’impôt sur les plus-values du capital. Au Royaume-Uni ensuite, où le nouveau gouvernement travailliste vient de boucler une consultation sur le traitement fiscal du carried interest. Alors que le Premier ministre Keir Starmer multiplie les saillies sur la ruine du pays, le prochain budget présenté fin octobre devrait alourdir la note pour les gérants de fonds. L’industrie brandit déjà le risque d’un exil massif, même si Londres a tout pour rester une place forte du capital-investissement en Europe en raison d’un écosystème unique.
En France, où l’on n’a ni pétrole, ni désir de réduire la dépense publique, mais toujours des idées lorsqu’il s’agit de taxer, le désastre budgétaire laisse craindre aussi un tour de vis. L’épisode de la dissolution et la fragilité institutionnelle qui en résulte ont donné un coup d’arrêt à près d’une décennie de politique de l’offre, destinée à restaurer la compétitivité du pays. Place aux arbitrages fiscaux des prochains mois, qui seront à n’en pas douter douloureux. De Londres à Francfort en passant par Paris, ils pourraient bien rebattre les cartes de l’attractivité des différentes places financières en Europe pour le non-coté.
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