Sofinnova veut garder son avance dans les biotechs
Sofinnova Partners clôt un nouveau cycle décennal. En poste depuis 2007, son président Denis Lucquin, 60 ans, cède les rênes à son associé Antoine Papiernik, a annoncé hier la société de gestion parisienne spécialiste des sciences de la vie.
«Arrivé il y a vingt ans, j’ai connu deux présidents. D’abord Jean-Bernard Schmidt, qui a obtenu l’indépendance de l’équipe en 1997, puis Denis Lucquin qui a pris sa suite dix ans plus tard. Tous deux auront passé la main après un long engagement au service de la société, et en restant actifs au sein de l'équipe pendant encore plusieurs années», explique Antoine Papiernik, 50 ans, qui était jusqu’à présent managing partner de Sofinnova.
Sous la houlette de Denis Luquin, l’ex-branche française de la Société de Financement de l’Innovation (et société cousine de Sofinnova Ventures aux Etats-Unis) a achevé en 2010 son repositionnement sur les seules sciences de la vie, en abandonnant les technologies de l’information.
Forte de 45 années d’expérience, Sofinnova gère actuellement 1,6 milliard d’euros, ce qui en fait le premier fonds biotech de la place de Paris, loin devant Edrip, Kurma Partners, Seventure Partners ou Omnes Capital. La société vient de réaliser le premier closing, à 106 millions d’euros, de Sofinnova Industrial Biotech 1. Dédié à la chimie verte, ce fonds est notamment géré par Denis Lucquin, qui s’est concentré ces dernières années sur les biotechs industrielles. Le fonds amiral Sofinnova Capital se consacre désormais au seul secteur de la santé, après avoir bouclé fin 2015 son huitième véhicule à 300 millions d’euros. Parmi ses succès récents, Sofinnova a cédé à Celgene le spécialiste des maladies auto-immunes Delinia pour 775 millions de dollars (715 millions d’euros).
«Nous voulons continuer à nous spécialiser par thématique et à être plus présents en amont et en aval du capital-risque», indique Antoine Papiernik, qui va continuer à investir tout en «orchestrant la stratégie» de Sofinnova. «En aval, nous faisons déjà de l’amorçage et avons créé un accélérateur MD Start (dédié aux technologies médicales, ndlr). En amont, nous réfléchissons à aller au-delà des tours de série A pour investir dans des sociétés plus mûres», précise-t-il.
Le changement de gouvernance n’a pas modifié l’actionnariat et l’organigramme de la société, assure le nouveau président. Mais l’ancienne managing partner Rafaèle Tordjman a pris du champ ces derniers mois, devenant simple senior advisor.
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