Les rémunérations dorées du private equity progressent encore
2022 sera-t-elle synonyme de retour d’une inflation élevée ? Si la question taraude nombre d’économistes, la crise sanitaire n’a pour l’instant pas provoqué d’inflation sur les fiches de paies. Selon Deloitte, le salaire médian n’a progressé que de 0,6% en 2021. Une prudence peu suivie dans le microcosme du private equity. Dans son étude «Europe & Africa Private Capital Compensation Survey», Heidrick & Struggles souligne en effet que près de 4 gérants sur 10 ont enregistré une hausse de leur salaire et de leur bonus. Si cette proportion est moins élevée que l’an passé (52%), les augmentations ont cependant encore été généreuses. Les trois quarts des professionnels de l’investissement concernés ont témoigné d’une hausse de leur salaire comprise entre 11 et 40%, et même au-delà pour 12% d’entre eux.
Des juniors choyés
Les grands bénéficiaires de ces augmentations sont sans conteste les juniors, plus communément appelés «associates» dans le milieu du capital-investissement. Au cours des trois dernières années, la hausse de leurs revenus (incluant les bonus) a atteint plus de 22%... par an. Leur salaire de base atteint désormais 95.000 euros par an en moyenne, auxquels s’ajoutent des bonus avoisinant 77.000 euros. Chez les associés, tout en haut de la hiérarchie, les hausses sont moins importantes mais loin d’être négligeables. En 2019, ils émargeaient à 250.000 euros par an, pour un bonus d’envergure équivalente, quand en 2021, leur salaire et leur bonus caracolent chacun désormais à près de 300.000 euros.
Ces sommes ne prennent naturellement pas en compte le «carried interest» - lequel est généralement versé lorsque le véhicule d’investissement approche de sa fin de vie. Cette incitation financière, conçue pour aligner les intérêts des gérants avec ceux des investisseurs, représente 20% de la plus-value quand le fonds est parvenu à générer une performance annuelle d’au moins 8% (le hurdle rate). Chez les fonds de grande taille, la manne financière du carried interest peut donc parfois représenter plusieurs millions d’euros. De quoi rendre le métier de gérant de fonds de private equity bien plus lucratif que celui de la banque d’affaires, pourtant réputé pour son attractivité.
L’intense activité du private equity observée ces derniers mois participe aussi à la hausse des rémunérations. «Il existe une plus grande hésitation à changer de structure, car l’augmentation de l’activité de private equity oblige les professionnels à attendre que les récompenses passées soient acquises», souligne l’étude. Par conséquent, les candidats au changement disposent d’un plus grand pouvoir de négociation que par le passé, avec à la clef une inflation sur les rémunérations.
Tout laisse à croire que la vapeur ne devrait pas s’inverser de sitôt. Les «general partners» restent une denrée rare, dans un univers du private equity toujours plus plébiscité par les «limited partners». Fin 2020, la quantité de poudre sèche, c’est-à-dire de fonds prêts à être investis par les véhicules de private equity, atteignait en Europe près de 300 milliards de dollars, selon Preqin. Un montant disponible qui était encore deux fois moindre il y a seulement huit ans.
Plus d'articles du même thème
-
Le capital-risque porte le rendement annuel du fonds de dotation de Harvard à 27,1%
Le non-coté représente désormais près de la moitié du portefeuille de 68 milliards de dollars de l'université américaine, après trois exercices où il a pesé sur ses performances. -
EXCLUSIFNicolas Renauld (Indosuez Wealth Management) : « Le secondaire s’impose comme une réponse structurelle aux besoins de liquidités des marchés privés »
Le responsable mondial des marchés privés d'Indosuez Wealth Management revient sur la création et le développement de Tiera Capital, la plateforme de marchés privés qui fête ses 25 ans, tout en évoquant le contexte de marché complexe. -
CDP Venture Capital SGR soutient les start-up de la deeptech italienne
La filiale de la Caisse des dépôts et consignations italienne a investi dans le cinquième fonds du gérant français Jolt Capital, visant à financer la croissance internationale des start-up de la deeptech en Europe.
ETF à la Une
VanEck a collecté plus de 13 milliards de dollars depuis le début de l’année pour sa gamme d’ETF Ucits
- BlackRock plaide pour un nouveau type de financement dans l'IA
- Les fonds de private equity réduisent leurs commissions pour attirer les investisseurs
- Le Crédit Agricole rachète la banque allemande IKB
- Quilvest réfléchit à ouvrir son capital et accélère sur le secondaire
- Circet échoue dans son plan de refinancement de 3 milliards d’euros
Contenu de nos partenaires
-
De premiers couvre-feux « localisés » annoncés à Paris, Nice, Lyon et Lille après les violences
Après la prise de parole du Premier ministre dans l’après-midi, des couvre-feux sont instaurés dans plusieurs villes dont Paris, Nice, Lille et Lyon dès ce lundi soir -
Violences du 17 octobre : « L’ultragauche a allumé l’incendie, les jeunes des banlieues ont pris le relais »
Depuis les violences du 17 octobre, Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu et Laurent Nuñez pointent la responsabilité de « groupuscules d'ultragauche ». Mais que recouvre vraiment ce terme ? -
« Une convergence entre l‘extrême gauche et les racailles »: Bruno Retailleau fait le lien entre l’immigration et les violences du 17 octobre
« Il y a un lien entre une immigration massive qui crée des désordres sécuritaires et ce qui s’est passé dimanche. Oui, je le dis et je l’affirme », a martelé lundi Bruno Retailleau lors d’une conférence de presse sur le thème « rétablir l’ordre », convoquée au lendemain d’un week-end de violences urbaines. « Ce qui s’est passé hier, c’est une convergence entre l‘extrême gauche et les racailles, les délinquants venant de banlieue », a-t-il ajouté, en assurant se baser sur « les remontées d’interpellations ».