Les levées de fonds en private equity se concentrent
L’année 2018 a été moins euphorique dans le private equity. «Le marché des levées de fonds en private equity est descendu des cimes qu’il avait atteintes en 2017, mais la concentration du capital au sommet du marché s’est intensifiée», explique le cabinet Preqin dans une note publiée lundi. Au total, 1.175 fonds ont levé près de 426 milliards de dollars en 2018, contre 566 milliards l’année précédente. Ces chiffres peuvent connaître une augmentation de 10% à mesure que les informations des opérations sont divulguées, précise Prequin, qui souligne toutefois que les sommes de 2018 ont peu de chance de se rapprocher decelles de 2017.
L’année a surtout été marquée par une forte concentration du capital. Les dix plus gros fonds ont représenté près d’un quart des capitaux levés, c’est-à-dire 125 milliards de dollars. Les fonds de capital-investissement d’un milliard de dollars et plus ont ainsi sécurisé 264 milliards de dollars, soit 62% du total des fonds levés en 2018. La plus grande levée de l’année a été celle de Carlyle Partners VII, avec 18,5 milliards de dollars.
Record de dry powder
«La récolte de fonds dans le private equity est de plus en plus un marché à deux vitesses», analyse Christopher Elvin, directeur chez Preqin. «Les fonds de milliards de dollars ont représenté les deux tiers des capitaux en 2018 et la plupart des gérants de ces méga-fonds expliquent qu’ils font face à une demande excessive. Si l’appétit des investisseurs existe pour les plus petits fonds, avec des inquiétudes concernant une correction du marché, la séparation entre les petits et les grands gérants risque de s’aggraver dans les mois à venir», ajoute-t-il.
Dans le détail, les levées des fonds centrés sur l’Amérique du Nord ont dominé le marché avec 240 milliards de dollars récoltés tandis que celles des fonds axés sur l’Europe et l’Asie ont levé 90 et 80 milliards respectivement. L’Asie a connu un plus grand nombre de véhicules bouclés, 250, que l’Europe, 196, pour la première fois. Les fonds de taille intermédiaire ont reçu en moyenne 363 millions de dollars, contre 339 millions en 2017. Dans l’ensemble, la poudre sèche (dry powder), les montants levés non encore investis, a atteint un record avec 1.200 milliard de dollars en décembre.
Pour 2019, le marché compte déjà 3.750 fonds cherchant à collecter un total de 977 milliards de dollars. Sachant que les cinq plus gros acteurs sont en train de lever une somme combinée de 219 milliards.
Plus d'articles du même thème
-
Jolt Capital étoffe son bureau de Londres
Le fonds de capital-investissement spécialisé en deeptech nomme João Rodrigues en qualité de "value creation partner". -
Sassan Golshani et Quentin d'Everlange de Bellevue lancent leur propre structure
Les deux anciens de la plateforme dédiée aux marchés privés Peqan ont créé Stella dans le but d'accompagner des gérants de private equity dans la structuration de leur offre auprès d'une clientèle d'investisseurs particuliers. -
Astorg achète l'activité de tests microbiologiques de Thermo Fisher pour 1 milliard de dollars
La dixième transaction du fonds Astorg VIII renforce le positionnement du gérant dans la santé, portant à huit milliards d'euros le total investi dans ce secteur.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Forvia cède son activité «intérieurs» au fonds Apollo pour 1,8 milliard d'euros
- Les fonds ne peuvent plus ignorer l'IA et la cybersécurité dans leurs opérations de M&A
- Univity s’élance à son tour dans la bataille des satellites
- Waterland lève 4,6 milliards d'euros en moins de quatre mois
- Porsche solde l'ère Bugatti au profit du consortium BlueFive-HOF Capital
Contenu de nos partenaires
-
Action-réactionCéline Calvez (EPR) : « L’audiovisuel public sera une problématique incontournable de la prochaine présidentielle »
La députée macroniste, vice-présidente de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, revient sur le rapport de Charles Alloncle et dévoile la contribution que va déposer son groupe -
Fait minoritairePrésidentielle : les candidats s'inquiètent déjà de leur future majorité
Dans un entretien à l'AFP, Marine Le Pen estime qu'il serait préférable de gagner face à Edouard Philippe plutôt que Jean-Luc Mélenchon, pour revendiquer une victoire de choix et non de rejet. Une façon de jouer l'apaisement alors que certains craignent de ne pas disposer d'une majorité pour gouverner -
Vieille lune« Démarchandisation » : Boris Vallaud, marchand de rêves
Le rival d'Olivier Faure au PS, Boris Vallaud, tente de renouveler les idées de la gauche. Son concept de « démarchandisation » passe à côté de nombreux problèmes économiques et sociaux de la France