Les cliniques françaises à l’heure de la consolidation
En dépit de la crise sanitaire, la consolidation bat son plein dans l’univers de l’hospitalisation privée française. En début d’année, le numéro deux du secteur, Elsan, avait déjà avalé C2S dans le cadre d’une opération d’envergure rapportant près de 400 millions d’euros de produit de cession à Eurazeo Patrimoine – principal actionnaire de ce réseau de 17 cliniques. Débordant d’ambitions dans l’Hexagone, Elsan regarde désormais dans le Nord du pays. Le groupe détenu depuis l’an dernier par KKR, et soutenu par Ardian, Mérieux Equity Partners, Axa et CNP Assurances, se pencherait en effet sur le devenir d’Hôpitaux Privés du Littoral (HPL), a appris L’Agefi. Cet acteur de l’hospitalisation dans le Nord-Pas-de-Calais compte quatre établissements et a enregistré un Ebitdar consolidé de 19 millions d’euros l’an dernier (reflétant une marge de près de 25%). Il est aujourd’hui dirigé par le fils du fondateur, Olivier Verriez, et était accompagné par Crédit Mutuel Equity jusqu’en 2019.
Société Générale à la manœuvre
Selon nos informations, un mandat a été accordé à Société Générale pour organiser la vente du groupe, qui pourrait à cette occasion être valorisé entre 300 et 400 millions d’euros. Un prix élevé «car incluant notamment l’immobilier de ces structures hospitalières», souffle un proche du dossier. Mais Elsan ne sera pas seul à concourir à cette enchère. Ramsay Santé, filiale du géant australien éponyme, serait aussi dans les rangs. Un candidat de poids déjà à la tête de plus de 350 hôpitaux et cliniques spécialisées en Europe, d’établissements de soins de suite et de réadaptation et de psychiatrie. Fin 2018, la reprise de Capio lui a permis de revendiquer la place de numéro deux du secteur sur le Vieux Continent. Enfin, Vivalto Santé prévoirait aussi de remettre une offre sur HPL d’ici la fin du mois. «Ces trois géants représentent déjà 60% de l’hospitalisation privée en France. Le mouvement de consolidation va donc se poursuivre», note un observateur.
Daniel Caille à l’offensive
Chez Vivalto Santé, la réflexion d’une acquisition de HPL intervient au moment même où le groupe planche sur sa propre recomposition du capital. Le pacte d’actionnaires liant les actionnaires de Vivalto Santé arrive à échéance cette année et le dirigeant Daniel Caille, entouré de Mubadala, Bpifrance, MACSF, BNP Paribas Développement et Arkéa Capital, évaluerait actuellement différentes pistes. L’une d’elle pourrait être le maintien de son emblématique patron. Daniel Caille cherche à rassembler 550 millions d’euros pour rester aux commandes et à nouveau embarquer les nombreux praticiens du groupe. Mais l’entrée d’un investisseur de long terme capable de mettre ente 200 et 300 millions d’euros ne serait pas non plus exclue. «Daniel est probablement l’un des plus grands professionnels du secteur mais il commence à être âgé et la transition au sein du groupe n’est pas totalement prête», souligne l’un de ses proches. Troisième acteur de l’hospitalisation privée en France, Vivalto Santé compte à ce jour 40 établissements et près de 9.200 employés. Pour se singulariser de ses pairs détenus par des investisseurs et groupe étrangers, son patron l’a doté d’une raison d’être : «Soigner et accompagner les patients tout au long de leur parcours de soins et de leur vie.» Une vision qui se conjuguera d’ici juin avec le statut d’entreprise à mission. Reste à voir si ces particularités suffiront à conserver l’indépendance de ce groupe, dont près d’un tiers du capital est aujourd’hui entre les mains des praticiens.
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