Le non-coté a vu son marché secondaire s’effondrer au premier semestre
Véritable thermomètre de l’industrie du private equity, le marché secondaire du non coté est bel et bien grippé. C’est en tout cas le constat dressé par Setter Capital qui, dans son étude semestrielle, n’a mesuré que 20,2 milliards de dollars (17,2 milliards d’euros) de transactions au cours des six premiers mois de l’année. Un montant qui a fondu de plus de 56% par rapport aux six premiers mois de 2019 – année de tous les records où la valeur des deals avait atteint plus de 85 milliards de dollars.
La chute a été violente dans la plupart des investissements alternatifs, que ce soit dans le private equity (- 58,5%), qui représente une écrasante majorité des transactions secondaires du non coté, ou dans l’immobilier (-53,4%). Mais la plus forte dégringolade est à mettre au crédit de la dette privée, où seuls 380 millions de dollars ont été investis au premier semestre, contre 2,2 milliards un an plus tôt. Une prudence qui en dit long sur la défiance grandissante des investisseurs pour cette classe d’actifs, pourtant très prisée il y a encore deux ans. Seule exception à ce sombre tableau, l’infrastructure a su tirer son épingle du jeu en affichant une quasi-stabilisation de ses transactions secondaires, à 1,44 milliard de dollars.
La décrue du marché secondaire a été essentiellement alimentée par les vendeurs, bien moins nombreux qu’en 2019. Le conseil financier canadien souligne en effet que nombre d’entre eux ont décidé de retirer leurs actifs du marché, faute de pouvoir en retirer un prix suffisant. Mais le marché n’a pas été déserté pour autant. Au cours du premier semestre, un tiers des transactions ont été le fait de fonds de pension cherchant à trouver de la liquidité. Ils ont ainsi été les vendeurs les plus actifs et devraient, selon toute vraisemblance le rester jusqu’à la fin de l’année.
Les gérants de fonds occupent quant à eux la deuxième position avec 27% du volume des transactions. Un niveau d’activité élevé notamment alimenté par le souhait des gestionnaires d’accorder des portes de sortie à leurs investisseurs, comme l’a récemment fait Idinvest Partners. Mais aussi parfois guidé par la nécessité de solder d’anciens fonds pour se focaliser sur des millésimes plus récents. Des raisons qui ne devraient pas suffire à elles seules pour corriger l’effet de contraction provoqué par le Covid-19. Sur l’ensemble de 2020, les acheteurs interrogés par Setter Capital ne prévoient qu’un peu plus de 58 milliards de dollars de transactions secondaires au niveau mondial.
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