Le non-coté a collecté deux milliards d’euros auprès des particuliers non professionnels français en 2023
Les chiffres sont enfin tombés. Alors que l’accès au private equity pour les investisseurs particuliers non professionnels (avec des tickets d’investissements minimum inférieurs à 100.000 euros) est ouvert depuis quelques années, France Invest, en partenariat avec Quantalys, publie ce lundi la toute première étude détaillée sur ce segment de marché.
«Avec la croissance de la classe d’actifs auprès des particuliers et la loi Industrie verte qui va pousser davantage son développement, il est très important que France Invest fournisse des éléments factuels et précis. Ce sont des produits nouveaux qui nécessitent beaucoup de pédagogie, qui est désormais facilitée par ces chiffres indiscutables», fait valoir Bertrand Rambaud, le président de France Invest.
L’étude a été menée auprès de 25 sociétés de gestion membres de France Invest et gérant au total 89 fonds destinés aux investisseurs non professionnels. Les fonds fiscaux de type FIP (fonds d’investissement de proximité) et FCPI (fonds commun de placement dans l’innovation) sont exclus de l'échantillon. Les véhicules analysés affichaient un encours total de près de 8 milliards d’euros à fin 2023, à l’issue d’une année de collecte de deux milliards.
L’assurance-vie privilégiée
Sur ces encours, 59% sont logés dans des assurance-vie en unités de compte, le solde étant essentiellement souscrit en direct dans les fonds. Les encours via l’épargne retraite plafonnent à 9 millions d’euros et sont inexistants dans l’épargne salariale. L’assurance-vie s’impose comme le moyen de souscription privilégié puisqu’en 2023, 76% de la collecte est passée par les unités de compte.
Sur les 89 fonds étudiés, 85 sont des FCPR (fonds commun de placement à risque) et le même nombre procède à des appels de fonds en une seule fois. Si les véhicules à capital permanent (evergreen) se limitent à 16 à fin 2023, ils représentent en revanche 57% des encours.
En termes d’allocation de ces encours, plus de la moitié (55%) sont placés dans des fonds investissant en direct, et 24% en private equity secondaire. Côté stratégies, 33 fonds proposent des investissements en fonds propres en direct, et 28 en indirect. Avec 23 véhicules, la dette privée représente une part significative de l’offre aux particuliers non professionnels.
«Ce sont des produits très diversifiés, qui permettent à l’investisseur personne physique d’avoir accès à tout ce que fait notre profession, avec un alignement d’intérêt avec nos produits institutionnels», appuie Bertrand Rambaud.
Des frais contenus dans les faits
En matière de rendement, la comparaison avec les produits institutionnels est difficile du fait notamment de la proportion significative d’encours dans les fonds evergreen et des appels de fonds à 100% dès le début de l’investissement pour la plupart des véhicules. A fin 2023, les fonds étudiés, avec une moyenne d’âge de trois ans et demi, affichaient un rendement cumulé net de frais de 27%, soit un multiple de 1,27 fois le montant investi. Cela fait ressortir un rendement annuel moyen pondéré de 6,2%. Un niveau toutefois inférieur au rendement cible de fonds interrogés fixé à 8,3%.
Avec 7,5%, le rendement annuel moyen pondéré des fonds fermés est significativement supérieur à celui des fonds evergreen, limité à 5,6%. «L’écart-type de performance entre les fonds du top quartile et les moins bons est assez resserré, et même si les performances passées ne préjugent pas du futur, surtout pour des fonds jeunes, les performances sont en ligne avec ce qui est attendu. Il y a une vraie cohérence de la performance avec le monde institutionnel», souligne Bertrand Rambaud.
Si beaucoup d’observateurs déplorent un niveau élevé de frais pour les particuliers par rapport à ceux payés par les institutionnels, la réalité est plus rassurante. Sur 31 fonds pour lesquels les données étaient disponibles, les frais réellement appliqués s’élevaient à 2,83%, soit bien moins que les frais maximum de 3,29% présentés dans les documents commerciaux de 54 fonds pris en compte par France Invest. Un niveau pas si éloigné des 2% traditionnellement facturés aux institutionnels.
Plus d'articles du même thème
-
DNB cesse son fonds sur l’économie bleue et verte
Le gestionnaire d’actifs norvégien DNB s’apprête à fusionner deux stratégies actions thématiques dans sa gamme de fonds domiciliée au Luxembourg. -
Lifento s’allie à Hestia pour lancer un fonds dédié au leasing immobilier
Les objectifs de rendement de ce fonds de capitalisation, baptisé Access Club, sont compris entre 10 et 15%. -
BGK crée le premier fonds space tech polonais, dans la lignée du succès d'Iceye
Avec le soutien de la décacorne finlandaise Iceye, la banque d'investissement publique polonaise dote Vinci Space Tech de 115 millions d'euros pour faire émerger 15 à 20 sociétés dans les satellites, la propulsion spatiale ou encore l'observation terrestre.
ETF à la Une
T. Rowe Price entre sur le marché européen des ETF actifs
- Fonds d’investissement et restructuring : je t’aime, moi non plus
- Cinq investisseurs institutionnels engagent 50 millions d'euros dans un fonds d'adaptation climatique
- Arnaud Caudoux (Bpifrance) : «Nous sommes à la limite d'une vraie crise de la dette souveraine»
- Astorg fait évoluer les conditions de son nouveau fonds pour séduire les investisseurs
- Twenty First Capital gagne du temps dans la course à la reprise des actifs de Xerys Invest
Contenu de nos partenaires
-
Oeil pour oeilL’inextricable escalade entre l’Arabie saoudite de Mohammed ben Salmane et les Houthis
Les frappes yéménites sur les terminaux aéroportuaires de Riyad ont fait au moins douze morts et des centaines de blessés, samedi. Les Saoudiens ont immédiatement répliqué -
Aveu d'échecBlocages des facs : à l'Université, le tabou de la sélection et des droits d’inscription
Dégradations sur les campus, échec massif en licence, budgets sous pression : les revendications syndicales relancent le débat sur l'écrémage, la réussite et le financement de l’université. -
Sur le poteauCommerce : Bruxelles et Pékin tentent de faire redescendre la pression, mais pour combien de temps ?
Le commissaire européen au Commerce est revenu satisfait d’une séance de négociations en Chine. Les gouvernements des Vingt-Sept doivent encore se prononcer sur ces avancées.