Le fonds souverain saoudien muscle sa stratégie d’investissement
Recours à l’effet de levier, partenariats avec des gérants et poids accru des actifs étrangers: le Public Investment Fund a précisé hier son plan d’action.
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Alexandre Garabedian
Le fonds souverain saoudien veut atteindre les 2.000 milliards de dollars d’encours gérés en 2025.
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Crédit PIF.
Le Public Investment Fund (PIF) voit loin. A horizon 2025, le fonds souverain saoudien veut atteindre les 2.000 milliards de dollars d’encours gérés, contre 230 milliards aujourd’hui. Et pour y parvenir, il ne va pas se contenter de reprendre la participation du pays dans la compagnie nationale Saudi Aramco. Le développement de partenariats avec des gérants, le redéploiement vers les actifs étrangers et l’utilisation de l’effet de levier seront aussi au programme, comme l’a indiqué hier son dirigeant Yasir Al-Rumayyan lors la Future Investment Initiative organisée à Riyad.
«Si vous regardez nos investissements aujourd’hui, il s’agit pour l’essentiel de fonds propres. Nous devons regarder le leverage», a déclaré le managing director du PIF à l’occasion de cet événement pensé comme le Davos du Moyen-Orient. «Si nous sommes dans un projet, nous devons l’utiliser comme base de levier, sans recours sur le reste du portefeuille», a ajouté Yasir Al-Rumayyan, qui intervenait lors d’une table-ronde aux côtés de Christine Lagarde, directrice générale du FMI, et de Larry Fink, patron de BlackRock.
De 90% aujourd’hui, la part des actifs domestiques en portefeuille devrait descendre à 75% dans le cadre de son plan. L’investisseur institutionnel a déjà engagé cette diversification géographique : outre un investissement direct de 3,5 milliards de dollars dans Uber – un choix pas forcément heureux –, le PIF s’est engagé en mai à investir 20 milliards de dollars dans les infrastructures en s’alliant à Blackstone, et jusqu’à 45 milliards dans le fonds technologique de SoftBank. Des accords qui redéfinissent, selon Yasir Al-Rumayyan, la relation entre investisseurs (limited partners, LP) et gérants de fonds dans le non coté (general partners, GP). «Nous ne co-investissons pas avec les GP et nous ne sommes pas un LP typique, nous nous situons quelque part au milieu, a souligné le dirigeant. Nous avons des droits de veto et de retraits, des gens aux conseils d’administration».
A horizon 2025-2030, le PIF espère ainsi dégager un rendement annuel de 8% à 9%. Celui-ci se situerait aujourd’hui entre 4% et 5%, selon son dirigeant. Le fonds souverain norvégien revendique un rendement de 5,9% brut depuis 1998, et de 4% net de frais de gestion et après inflation. En parallèle, l’effectif, supérieur à 200 personnes, pourrait quintupler d’ici 2025.
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